Le déficit commercial du Maroc s’est aggravé au terme des cinq premiers mois de 2026. Il a dépassé 159 milliards de dirhams, en hausse de 20,8 pour cent par rapport à la même période de l’année précédente, selon les dernières données de l’Office des changes.
Cette dégradation tient à un rythme de progression des importations nettement supérieur à celui des exportations. Les achats de biens à l’étranger ont augmenté de 11,8 pour cent pour atteindre 370,5 milliards de dirhams, tandis que les ventes marocaines à l’international ont progressé de 5,8 pour cent à 211,41 milliards de dirhams. Le taux de couverture recule ainsi de 3,2 points, à 57,1 pour cent.
La hausse des importations est portée par plusieurs catégories de produits. Les produits bruts enregistrent la plus forte progression, avec une augmentation de 42,5 pour cent à 24,15 milliards de dirhams. La facture énergétique repart également à la hausse, avec une progression de 20,7 pour cent à 55,18 milliards de dirhams.
Les produits finis d’équipement atteignent 89,92 milliards de dirhams, en hausse de 18,7 pour cent. Les produits finis de consommation progressent de 10,8 pour cent à 89,3 milliards de dirhams. Les demi-produits restent presque stables, avec une légère hausse de 0,2 pour cent à 70,76 milliards de dirhams. Seuls les produits alimentaires reculent, avec une baisse de 2,4 pour cent à 40,16 milliards de dirhams.
Côté exportations, la croissance reste principalement tirée par l’automobile et l’aéronautique. Les ventes du secteur automobile ont augmenté de 15,9 pour cent pour atteindre 77,05 milliards de dirhams. L’aéronautique progresse de 14,2 pour cent à 13,85 milliards de dirhams.
D’autres secteurs accusent en revanche un repli. Les exportations du textile et cuir diminuent de 9,1 pour cent, celles de l’électronique et électricité de 9,8 pour cent, tandis que les phosphates et dérivés reculent de 11,2 pour cent.
Dans ce contexte, la balance des services apporte un soutien important aux comptes extérieurs. Son excédent a progressé de 11,1 pour cent pour atteindre 64,3 milliards de dirhams. Les exportations de services ont augmenté de 10,6 pour cent à 130,9 milliards de dirhams, alors que les importations de services ont progressé de 10,1 pour cent à 66,6 milliards de dirhams.
La photographie des cinq premiers mois de 2026 montre ainsi un commerce extérieur marocain porté par des moteurs industriels solides, mais fragilisé par la poussée des importations. L’automobile et l’aéronautique continuent de soutenir les exportations, tandis que l’énergie, les équipements et les biens de consommation accentuent la pression sur le déficit commercial.



