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PLF 2027 : hausse des pensions, fiscalité des carburants et nouveaux crédits

PLF 2027 : hausse des pensions, fiscalité des carburants et nouveaux crédits
PLF 2027 : hausse des pensions, fiscalité des carburants et nouveaux crédits

Le projet de loi de finances 2027 prévoit une série de mesures destinées à alléger la fiscalité des salariés, à améliorer les prestations sociales et à renforcer les budgets de la santé et de l’éducation. Le gouvernement marocain entend mener ces réformes sans creuser le déficit public, dont le niveau devrait rester fixé à 3 % du PIB.

Présentant les grandes orientations budgétaires vendredi 23 octobre devant le Parlement, le nouveau ministre de l’Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, a annoncé une enveloppe de 62 milliards de dirhams pour les programmes sociaux. Ces crédits, équivalant à près de 6,3 milliards de dollars, doivent notamment financer les aides aux ménages, les dispositifs de soutien au pouvoir d’achat et les mesures de réduction des inégalités.

L’une des principales dispositions fiscales concerne les revenus du travail. Le gouvernement propose d’exonérer de l’impôt sur le revenu les salariés percevant moins de 10 000 dirhams par mois. Selon les estimations présentées par le ministre, cette mesure profiterait à 87 % des salariés.

Le projet prévoit aussi une augmentation des pensions de retraite et des allocations destinées aux familles en situation de précarité. Des subventions à l’électricité figurent également parmi les mesures retenues, aux côtés d’une réforme de la distribution des produits de première nécessité et d’initiatives visant à faciliter l’accès des jeunes au marché du travail.

Les dépenses consacrées aux services publics devraient suivre la même orientation. Le département de la santé disposerait de 45,5 milliards de dirhams, soit une progression de 7 % par rapport à 2026. Pour l’éducation, les crédits atteindraient 121 milliards de dirhams, en augmentation de 4,6 %.

Le projet de budget comporte également des autorisations d’engagement pouvant aller jusqu’à 190,5 milliards de dirhams pour les dépenses militaires.

Ces arbitrages interviennent dans un contexte de ralentissement attendu de l’activité économique. Après une croissance estimée à 4,7 % en 2026, le gouvernement prévoit une progression du PIB de 3,7 % en 2027, sur la base d’une campagne agricole considérée comme moyenne.

Malgré cette décélération, les projections officielles font état d’une légère amélioration des indicateurs d’endettement. Le ratio de dette publique devrait passer de 67,5 % du PIB en 2026 à 66,9 % l’année suivante.

Le besoin de financement de l’État serait également orienté à la baisse. Il atteindrait 159 milliards de dirhams, soit un recul de 7,4 %. Pour mobiliser ces ressources, le gouvernement compte recourir aux emprunts sur les marchés intérieur et extérieur, en adaptant ses choix aux conditions financières.

La réforme fiscale envisagée ne se limite toutefois pas aux allègements accordés aux salariés. Le texte propose de relever à 40 % l’imposition des bénéfices dépassant 100 millions de dirhams pour les sociétés spécialisées dans la distribution de carburants. Ce secteur avait précédemment été sanctionné par les autorités de la concurrence pour des pratiques contraires aux règles du marché.

Les droits d’accise devraient également augmenter sur plusieurs produits, notamment les boissons non alcoolisées, les boissons alcoolisées, les cigarettes classiques et les cigarettes électroniques.

Au-delà des chiffres, Fouzi Lekjaa a consacré une partie de son intervention à la politique économique menée ces dernières années. Le ministre a estimé que le fonctionnement insuffisamment encadré de certains marchés avait favorisé la concentration économique, les situations de rente et la recherche de profits à court terme, au détriment de l’efficacité des politiques sociales.

Dénonçant les conséquences du « capitalisme sauvage et du néolibéralisme », il a défendu un renforcement de l’action publique pour combattre la corruption, prévenir les conflits d’intérêts et limiter les monopoles. Il a également insisté sur la nécessité de garantir la sécurité des approvisionnements alimentaires et énergétiques du Royaume.

Cette orientation s’inscrit dans les priorités de la coalition gouvernementale constituée après les élections du 23 septembre. La nouvelle majorité a fait du pouvoir d’achat, de l’accès aux services sociaux et de l’emploi des jeunes ses principaux chantiers, après une période marquée par les manifestations de la Génération Z et la crise migratoire survenue à Ceuta en juillet.

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