L’achat d’une voiture haut de gamme pourrait devenir sensiblement plus coûteux au Maroc dès l’année prochaine. Le projet de loi de finances 2027 prévoit une augmentation des droits de timbre prélevés sur certains véhicules lors de leur première immatriculation. Pour les modèles les plus chers, le taux pourrait atteindre 24 %, contre 20 % actuellement.
Déposé au Parlement le 20 octobre 2026, le texte gouvernemental cible les voitures dont la valeur taxable est égale ou supérieure à 400 000 dirhams hors TVA. Les catégories de prix resteraient identiques, mais les taux appliqués à chacune d’elles seraient relevés de 20 % par rapport à leur niveau actuel.
Le changement serait particulièrement visible sur les véhicules dépassant un million de dirhams. Un automobiliste achetant une voiture évaluée à 1,5 million de dirhams hors TVA devrait acquitter 360 000 dirhams de droit de timbre, contre 300 000 dirhams aujourd’hui. La différence représenterait 60 000 dirhams supplémentaires.
Pour un modèle à 1,2 million de dirhams, le montant exigible atteindrait 288 000 dirhams, au lieu de 240 000 dirhams. Le surcoût serait de 48 000 dirhams.
Les véhicules situés dans les catégories intermédiaires seraient également concernés. Entre 800 001 dirhams et un million de dirhams, le taux proposé passerait de 15 % à 18 %. Une voiture dont la valeur taxable atteint 900 000 dirhams entraînerait ainsi un droit de 162 000 dirhams, soit 27 000 dirhams de plus qu’avec la réglementation actuelle.
Dans la catégorie comprise entre 600 001 et 800 000 dirhams, le prélèvement serait porté de 10 % à 12 %. L’acquéreur d’un véhicule à 700 000 dirhams paierait alors 84 000 dirhams, contre 70 000 dirhams aujourd’hui.
La première catégorie, qui concerne les voitures évaluées entre 400 000 et 600 000 dirhams hors TVA, connaîtrait une augmentation plus limitée en montant. Le taux évoluerait de 5 % à 6 %. Pour un achat à 500 000 dirhams, la taxe passerait de 25 000 à 30 000 dirhams, soit 5 000 dirhams supplémentaires.
La particularité de ce dispositif tient à son mode de calcul. Le pourcentage correspondant à la catégorie du véhicule s’applique à l’intégralité de sa valeur taxable. Il ne concerne pas uniquement la partie du prix située au-dessus du seuil.
Cette règle peut entraîner des différences importantes entre deux voitures dont les valeurs sont pourtant proches. Avec les taux proposés pour 2027, un modèle à 600 000 dirhams serait soumis à un prélèvement de 36 000 dirhams. Si sa valeur atteignait 610 000 dirhams, le droit grimperait à 73 200 dirhams.
Le passage d’une catégorie à l’autre représenterait donc, dans cet exemple, une augmentation de 37 200 dirhams du droit de timbre pour seulement 10 000 dirhams de différence sur la valeur du véhicule.
Ce fonctionnement par seuils existe déjà. Le PLF 2027 ne prévoit pas de modifier les limites des différentes catégories, mais uniquement les taux correspondants. Le premier niveau d’imposition demeurerait fixé à 400 000 dirhams hors TVA.
La mesure concerne les véhicules soumis au droit proportionnel lors de leur première immatriculation sur le territoire marocain. Elle peut également s’appliquer au dédouanement des voitures importées directement par des particuliers, qu’il s’agisse de véhicules neufs ou d’occasion.
Les importations réalisées par les concessionnaires agréés suivent un traitement différent. Le droit n’est pas prélevé au moment de leur dédouanement, mais devient exigible lors de la première immatriculation, dès lors que le véhicule répond aux critères d’assujettissement.
Toutes les voitures de valeur élevée ne sont cependant pas concernées. Les modèles entièrement électriques bénéficient d’une exclusion du droit de timbre proportionnel. La réglementation prévoit également une exemption pour les véhicules hybrides combinant une motorisation thermique et électrique.
Certaines catégories de véhicules dont le poids total en charge dépasse trois tonnes sont également exclues, sous réserve des exceptions prévues, notamment pour les 4×4. La nature du véhicule et ses caractéristiques techniques doivent donc être prises en compte avant de déterminer le montant applicable.
Les simulations présentées ne portent que sur le droit de timbre. Elles ne comprennent pas les autres prélèvements ni les frais qui peuvent accompagner l’acquisition et l’immatriculation d’une voiture.
Pour les futurs acquéreurs, le coût fiscal dépendra ainsi de plusieurs paramètres, dont la valeur retenue hors TVA, le type de motorisation et la catégorie dans laquelle se situe le véhicule.
L’entrée en vigueur du nouveau barème est envisagée pour le 1er janvier 2027. Son application reste conditionnée à l’adoption du projet de loi de finances par le Parlement. Les taux actuellement en vigueur continueront de s’appliquer tant que les nouvelles dispositions n’auront pas été définitivement approuvées.



