Le Maroc engage une nouvelle phase dans le renforcement de ses capacités portuaires avec deux échéances majeures. Nador West Med doit accueillir ses premières activités de transbordement de conteneurs dans les prochains jours, alors que le démarrage des travaux de Tanger Med 3 est également annoncé comme imminent. L’avancement de ces deux projets a été examiné mercredi 28 octobre 2026, lors d’une séance de travail présidée par S.M le Roi Mohammed 6 au Palais Royal de Rabat.
Cette réunion, organisée dans le prolongement de celle du 28 janvier dernier, a été consacrée aux prochaines étapes du développement des infrastructures maritimes nationales. Fouad Brini, à la tête du conseil de surveillance de TMSA et du conseil d’administration de Nador West Med, a présenté au Souverain un état détaillé des réalisations et des investissements programmés.
Le complexe de Nador West Med, qui mobilise à ce jour 54 milliards de dirhams de financements publics et privés, arrive à une étape déterminante de son développement. Sa première installation dédiée aux conteneurs doit commencer à fonctionner prochainement, avant une montée en capacité progressive jusqu’à 3,5 millions de conteneurs.
Un second terminal, conçu pour traiter 1,8 million de conteneurs, devrait être opérationnel dès avril 2027. Les deux installations représentent à elles seules un engagement de 8 milliards de dirhams de capitaux privés.
Au-delà du transport maritime, Nador West Med a vocation à accueillir un ensemble d’activités industrielles et énergétiques. Le programme comprend notamment un terminal d’hydrocarbures associé à un potentiel de stockage de 4 millions de mètres cubes, ainsi qu’une installation de gaz naturel liquéfié pouvant traiter annuellement 5 milliards de mètres cubes.
Ces équipements doivent contribuer à diversifier les capacités logistiques et à consolider les infrastructures d’approvisionnement énergétique du Royaume. Des espaces portuaires supplémentaires seront consacrés aux marchandises diverses et aux vracs solides.
La zone industrielle attenante a déjà commencé à accueillir ses premiers opérateurs. Une unité de production y est actuellement en activité et trois autres sont en construction. Les prévisions à court terme font état de 14 000 postes directs et de 20 000 emplois indirects liés au développement du complexe.
L’intégration de Nador West Med aux réseaux nationaux de transport constitue un autre volet du programme. Une liaison ferroviaire depuis Selouane, une autoroute reliant Guercif au nouveau port et des aménagements routiers doivent faciliter l’accès aux installations et accompagner le développement économique des territoires environnants.
À Tanger, le Royaume prépare parallèlement une extension majeure de son principal complexe portuaire. Tanger Med 3 sera construit à l’ouest de Tanger Med 2, avec 1 200 mètres de quais et une capacité supplémentaire de 4,5 millions de conteneurs par an.
L’investissement prévu atteint 8 milliards de dirhams. Le développement du nouveau terminal a été confié, dans le cadre d’un contrat de concession, à Maersk-APM, opérateur international du transport maritime et de la manutention portuaire.
Le programme d’expansion comprend aussi l’agrandissement des infrastructures destinées aux passagers et aux véhicules, actuellement en cours, ainsi que l’extension orientale de Tanger Med 2.
À terme, ces aménagements pourraient porter la capacité globale de Tanger Med à 20 millions de conteneurs par an. Une telle évolution ouvrirait au complexe marocain la perspective de figurer parmi les dix premières plateformes portuaires mondiales.
Les deux projets participent à la stratégie nationale de développement d’infrastructures capables d’accompagner les transformations du commerce international. Leur réalisation repose sur la combinaison des investissements publics et privés, avec l’objectif de renforcer les activités industrielles, logistiques et énergétiques tout en favorisant le développement des régions concernées.
Au cours de la séance de travail, S.M le Roi Mohammed 6 a particulièrement insisté sur les bénéfices économiques et sociaux attendus pour les populations locales. Le Souverain a demandé que les projets portuaires se traduisent par des perspectives concrètes d’emploi et par une amélioration des conditions de vie dans les provinces qui les accueillent.
Une attention particulière devra être accordée à la formation des jeunes. Les programmes de qualification professionnelle devront être accélérés et adaptés aux besoins des entreprises appelées à s’implanter autour de ces nouvelles infrastructures.
La réunion s’est tenue en présence du conseiller royal Fouad Ali El Himma, du ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, du ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique Fouzi Lekjaa, du ministre de l’Équipement, de l’Eau et des Forêts Nizar Baraka, du ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Inclusion économique Ryad Mezzour, ainsi que de Fouad Brini.



