Aucune décrue ne se dessine dans le conflit qui oppose les barreaux au gouvernement autour de la réforme de la profession d’avocat. Réunis le 18 août à Rabat, les représentants de l’Association des barreaux du Maroc ont choisi de poursuivre leur mouvement et préparent déjà de nouvelles actions.
L’arrêt total des prestations professionnelles reste en vigueur. La suspension de l’assistance judiciaire est elle aussi reconduite, aussi bien pour les désignations que pour l’exécution des missions concernées.
Cette décision intervient alors que le mouvement dure, selon l’Association, depuis près d’une centaine de jours. Une situation dont les répercussions se font désormais sentir sur le fonctionnement de la justice et sur les justiciables.
Les barreaux font porter au gouvernement la responsabilité de l’enlisement. Ils lui reprochent notamment la manière dont le projet de réforme a été préparé et considèrent que les engagements pris dans le cadre des échanges avec la profession n’ont pas été respectés.
Au fond, leur opposition porte notamment sur les garanties entourant l’indépendance de l’avocat et l’autorégulation de la profession. L’Association estime que certaines dispositions du projet pourraient remettre en cause ces principes.
Le désaccord ne se limite plus au contenu du texte. Le parcours institutionnel de la réforme nourrit également la contestation. L’Association met en cause les conditions de la saisine de la Cour constitutionnelle et évoque un vice de forme.
Elle réclame des éclaircissements sur ce qu’elle présente comme une contradiction entre la décision rendue par la Cour constitutionnelle et les correspondances qui lui ont été adressées par les présidents des deux Chambres du Parlement.
Les barreaux cherchent parallèlement à inscrire leur mobilisation au-delà de leurs seules revendications professionnelles. Ils mettent en avant les conséquences du conflit sur l’accès à la justice et considèrent que le statut de l’avocat touche directement aux garanties accordées aux citoyens dans l’exercice de leurs droits.
La poursuite de la suspension de l’assistance judiciaire donne une dimension particulière à cette confrontation. Ce dispositif concerne notamment des justiciables qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour prendre en charge eux-mêmes les frais liés à leur défense.
L’Association prévoit désormais de faire évoluer son mouvement. De nouvelles formes de protestation doivent être engagées progressivement, sans que leur contenu ait encore été détaillé.
Une échéance importante est déjà fixée. Les barreaux se retrouveront le 5 septembre au Club des avocats de Souissi, à Rabat, pour un Conseil extraordinaire consacré à l’évolution du conflit et aux décisions à prendre pour la suite.
D’ici cette réunion, le bureau de l’Association reste mobilisé et a décidé de maintenir ses travaux ouverts afin de pouvoir réagir aux éventuels développements.
La reprise du dialogue apparaît désormais déterminante pour éviter une nouvelle prolongation du bras de fer. En l’absence d’évolution, le rendez-vous du 5 septembre pourrait ouvrir une nouvelle étape dans une mobilisation qui pèse déjà depuis plusieurs mois sur le secteur de la justice.



