La coopération militaire entre Rabat et Washington se poursuit autour de la flotte de F-16 des Forces Royales Air. Le gouvernement américain a confié à Lockheed Martin un nouveau contrat destiné à maintenir une assistance spécialisée auprès de plusieurs pays exploitant le chasseur américain, dont le Maroc.
L’accord, annoncé le 17 août, est plafonné à 31,29 millions de dollars. Il prévoit la mise à disposition d’ingénieurs et de techniciens chargés d’accompagner onze forces aériennes étrangères. L’enveloppe annoncée concerne donc l’ensemble des bénéficiaires et ne correspond pas à un contrat de 31,29 millions de dollars spécifiquement attribué au Maroc.
Pour les Forces Royales Air, cette prolongation intervient alors que le F-16 occupe une place croissante dans la modernisation de la flotte de combat. Le Royaume exploite cet appareil depuis 2011, année durant laquelle Lockheed Martin avait livré les premiers exemplaires d’une commande portant initialement sur 24 F-16 Block 52.
Cette flotte est aujourd’hui engagée dans une transformation beaucoup plus large. En 2019, les autorités américaines avaient autorisé une vente potentielle au Maroc de 25 nouveaux F-16C/D Block 72 accompagnés de leurs équipements, pour un montant maximal estimé à 3,787 milliards de dollars.
Ces appareils appartiennent à la génération la plus récente du F-16 actuellement proposée par Lockheed Martin. Leur configuration comprend notamment le radar APG-83 à antenne active, ainsi que des systèmes électroniques et de communication plus modernes que ceux équipant les appareils marocains d’origine.
Rabat avait parallèlement obtenu l’autorisation américaine pour faire évoluer 23 F-16 déjà présents dans sa flotte vers la configuration F-16V. La notification américaine évaluait alors ce programme à un maximum de 985,2 millions de dollars. L’opération doit permettre de rapprocher les capacités des appareils existants de celles des nouveaux Block 72.
À eux seuls, ces deux programmes avaient ainsi été évalués par Washington à près de 4,8 milliards de dollars au maximum. Ces chiffres correspondent toutefois aux plafonds des ventes potentielles notifiées au Congrès américain et non nécessairement aux sommes finalement facturées au Maroc.
Le soutien technique constitue un autre volet de cette coopération. Toujours en 2019, les États-Unis avaient autorisé une opération distincte consacrée au maintien en condition de la flotte marocaine existante. Évaluée à un maximum de 250,4 millions de dollars, elle couvrait notamment des pièces de rechange, des réparations, des équipements de soutien, de la documentation et de la formation.
Le nouveau contrat confié à Lockheed Martin s’inscrit dans cette continuité. La présence d’ingénieurs et de techniciens spécialisés doit contribuer au suivi des appareils et à leur disponibilité, un enjeu qui prend davantage d’importance à mesure que la flotte marocaine évolue vers de nouvelles configurations.
Le calendrier est également significatif. L’assistance doit se poursuivre jusqu’en 2029, couvrant ainsi plusieurs années durant lesquelles les Forces Royales Air doivent gérer simultanément leurs appareils actuellement en service, leur modernisation et l’intégration progressive des nouveaux F-16.
Le partenariat avec Washington ne porte donc plus uniquement sur l’acquisition d’avions de combat. Il englobe désormais leur modernisation, leur maintenance, la formation et l’accompagnement technique nécessaires à leur exploitation sur la durée.
Pour le Maroc, cette nouvelle prolongation sécurise ainsi une partie du soutien indispensable à sa flotte de F-16 au moment où celle-ci connaît l’une des transformations les plus importantes depuis l’arrivée des premiers appareils dans le Royaume.



