Jean-Luc Mélenchon repart pour une quatrième campagne présidentielle. Le chef de file de La France insoumise a annoncé dimanche soir, sur TF1, sa candidature à l’élection présidentielle française de 2027, après trois tentatives en 2012, 2017 et 2022.
L’ancien sénateur a justifié sa décision par le contexte politique, économique et climatique qu’il estime particulièrement lourd. À ses yeux, la période qui s’ouvre nécessite une figure déjà préparée à l’exercice du pouvoir et capable d’affronter une crise sociale et économique, ainsi que les effets du dérèglement climatique.
Cette nouvelle candidature intervient alors que son rôle continue de diviser la gauche. Plusieurs voix, y compris dans son propre camp, lui reprochent de vouloir rester au centre du jeu présidentiel, au risque de répéter le scénario de 2022, lorsqu’il avait échoué aux portes du second tour.
Lors de la dernière présidentielle, Jean-Luc Mélenchon avait obtenu 21,9 pour cent des suffrages au premier tour. Il avait terminé troisième, derrière Emmanuel Macron, crédité de 27,9 pour cent, et Marine Le Pen, qui avait recueilli 23,1 pour cent. Après son élimination, il avait appelé ses électeurs à ne donner aucune voix à la candidate du Rassemblement national, sans appeler explicitement à voter pour le président sortant.
Né en 1951 à Tanger, au Maroc, Jean-Luc Mélenchon a longtemps évolué au sein du Parti socialiste. Il a été sénateur, puis ministre délégué à l’Enseignement professionnel dans le gouvernement de Lionel Jospin entre 2000 et 2002. Il a quitté le PS en 2008 pour fonder le Parti de gauche, avant de participer à la création du Front de gauche l’année suivante.
Sa ligne politique reste fidèle aux marqueurs défendus lors de ses précédentes campagnes. En 2022, il portait notamment le retour de la retraite à 60 ans, la semaine de 32 heures, le contrôle des capitaux et une sortie de la France de l’Otan.
En officialisant tôt sa candidature, Jean-Luc Mélenchon cherche à imposer son calendrier à gauche. Reste à savoir si cette quatrième tentative permettra à La France insoumise de rassembler au-delà de son socle, dans un paysage politique français toujours dominé par la confrontation entre le bloc présidentiel et l’extrême droite.



