La future ligne de busway de Fès entre dans une phase technique décisive. La Société Fès Région Aménagements a lancé un appel d’offres pour la réalisation des études géotechniques du projet de Bus à Haut Niveau de Service, une étape nécessaire avant la conception détaillée de la plateforme, des ouvrages annexes et l’identification des contraintes du tracé.
Prévue sur cinq mois, cette étude doit fournir au maître d’ouvrage délégué les données techniques nécessaires à la préparation de la première ligne du réseau. Longue d’environ 25 kilomètres, la ligne BHNS L1 reliera l’Institut des arts traditionnels d’Aïn Nokbi, à Bab Ftouh, à l’aéroport Fès-Saïss.
Le tracé passera notamment par les avenues Allal El Fassi, Chefchaouni et Mohammed V jusqu’au croisement avec l’avenue des FAR. Il empruntera ensuite l’avenue Saint-Louis, la route d’Aïn Chkef jusqu’à l’intersection avec la route provinciale 5006, avant de desservir Fès Shore, le complexe sportif de Fès et la route nationale n°8.
Ce lancement s’inscrit dans la mise en œuvre progressive du Schéma Directeur des Transports en Commun en Site Propre de l’agglomération de Fès, élaboré en 2025. Ce document a identifié cinq lignes de transport en commun en site propre à réaliser à l’horizon 2040. La ligne L1 doit être lancée en priorité, en coordination avec le ministère de l’Intérieur, la Wilaya de la région Fès-Meknès et la Commune de Fès.
La SFRA avait déjà engagé une étude d’avant-projet sommaire pour identifier les solutions les plus adaptées aux dysfonctionnements de la mobilité urbaine observés depuis 2016. Parmi les problèmes recensés figurent la congestion du réseau de bus, son organisation essentiellement radiale, l’absence de pôles d’échanges intermodaux, la faible desserte des zones périphériques et la saturation des principaux axes du centre-ville.
Le projet prolonge aussi les orientations du Plan de Déplacements Urbains de 2018, qui avait posé les bases d’une approche intégrée de la mobilité à Fès. La ligne 1 du BHNS en constitue l’un des projets phares, avec l’objectif de structurer une offre de transport collectif à haute capacité.
La réforme de la mobilité à Fès doit également passer par la création de la Société de Développement Local Fès Mobilité SA. Dotée d’un capital initial de 5 millions de dirhams, cette SDL porte un programme d’investissement estimé à 566 millions de dirhams pour la période 2025-2035. La Commune de Fès en sera l’actionnaire majoritaire avec 89,99 % du capital, aux côtés de la Wilaya de la région Fès-Meknès et des communes de Mechouar Fès, Ouled Tayeb, Sidi Harzem et Aïn Baïda.
L’enjeu est important pour une agglomération de près de 1,25 million d’habitants, dont la population a augmenté de 11,3 % par rapport à 2014. Selon les projections, elle devrait atteindre près de 1,37 million d’habitants à l’horizon 2030. Le busway doit donc répondre à une pression croissante sur les déplacements urbains, tout en préparant une organisation plus structurée du transport collectif à Fès.



