Attijariwafa bank signe un premier trimestre 2026 positif, mais sans rupture nette dans sa dynamique opérationnelle. Le groupe bancaire affiche un produit net bancaire consolidé de 9,3 milliards de dirhams, en hausse de 2,9 % sur un an. Le résultat net consolidé atteint 3,5 milliards de dirhams et le résultat net part du groupe ressort à 2,9 milliards, en progression de 3,6 %.
La banque continue de s’appuyer sur des volumes solides. Les dépôts consolidés progressent de 10,8 % et les crédits consolidés de 5,7 % entre mars 2025 et mars 2026. Sur le seul périmètre marocain, les dépôts atteignent 368,0 milliards de dirhams, en hausse de 9,0 %, tandis que les crédits à la clientèle s’établissent à 293,0 milliards, en progression de 5,2 %.
Mais la hausse des résultats doit être lue avec prudence. Le principal soutien vient du recul marqué du coût du risque, qui baisse de 33,3 % pour s’établir à 609 millions de dirhams. Il représente 0,51 % des encours clientèle bruts au premier trimestre 2026, contre 0,82 % un an plus tôt. Cette amélioration allège fortement le compte de résultat et contribue à la progression du bénéfice.
Le cœur opérationnel, lui, avance plus lentement. Le résultat brut d’exploitation consolidé passe de 5,94 milliards à 6,00 milliards de dirhams, soit une progression limitée. Les charges générales d’exploitation augmentent de 2,74 milliards à 2,90 milliards de dirhams, tandis que les dotations aux amortissements et dépréciations progressent aussi.
Le détail du produit net bancaire montre également un profil contrasté. La marge d’intérêt progresse à 5,56 milliards de dirhams et la marge sur commissions atteint 1,80 milliard. En revanche, les gains nets sur instruments financiers à la juste valeur par résultat reculent de 1,50 milliard à 1,15 milliard de dirhams, ce qui limite l’élan global des revenus.
Attijariwafa bank conserve une assise financière solide. Les fonds propres consolidés atteignent 83,7 milliards de dirhams à fin mars 2026, contre 76,2 milliards un an plus tôt. La rentabilité des actifs ressort à 1,76 % et la rentabilité des fonds propres à 17,05 %.
Le trimestre confirme donc la robustesse du groupe, mais aussi une dépendance notable à la détente du risque pour améliorer les résultats. Les prochains mois diront si la croissance des dépôts et des crédits peut se traduire par une accélération plus nette des revenus récurrents, au-delà de l’effet favorable du coût du risque.



