Un point domine la lecture des comptes 2025 de Crédit du Maroc. Le risque de crédit s’impose comme la variable la plus sensible, bien au-delà de l’affichage des résultats. En social, les provisions dépassent 3 milliards de dirhams. En consolidé, elles approchent les 4 milliards. Ces montants traduisent l’exposition de la banque à la qualité de ses encours et pèsent directement sur la formation du résultat.
Cette mécanique repose sur des arbitrages internes. La classification des créances, leur basculement entre différentes catégories et l’estimation des pertes attendues intègrent des hypothèses économiques et une part de jugement. Les commissaires aux comptes identifient ce processus comme un point clé de leur audit, tant il conditionne l’équilibre des comptes.
Dans les états consolidés établis selon les normes internationales, cette dépendance apparaît encore plus marquée. Les modèles utilisés s’appuient sur des projections macroéconomiques qui influencent le niveau des dépréciations. Une évolution de ces paramètres pourrait modifier sensiblement les résultats affichés.
C’est dans ce contexte que les actionnaires ont approuvé sans opposition les comptes lors de l’assemblée tenue à Casablanca. Le résultat net social dépasse 804 millions de dirhams, tandis que le groupe atteint 863 millions. Les états financiers, publiés en amont, n’ont subi aucun ajustement et ont été certifiés sans réserve.
La décision de distribuer un dividende de 48 dirhams par action s’inscrit dans cette séquence. Elle traduit une confiance affichée dans la solidité du bilan, alors même que celui-ci reste étroitement lié à des estimations évolutives du risque client.
Parallèlement, la banque poursuit sa stratégie de développement. Elle a acquis 50 pour cent de Nema Capital et lancé Com Pay, une filiale dédiée aux paiements. Ces initiatives ouvrent de nouveaux relais de croissance, tout en élargissant le périmètre d’exposition du groupe.
L’ensemble des résolutions, y compris celles portant sur l’augmentation de capital et la modification des statuts, a été adopté à l’unanimité. Aucun débat n’apparaît publiquement, malgré les enjeux techniques soulevés dans le rapport d’audit.
Au final, la validation des comptes ne suffit pas à effacer la question centrale. Les résultats sont établis, mais leur robustesse dépend largement des hypothèses retenues pour évaluer le risque de crédit. Une donnée discrète dans la communication officielle, mais déterminante pour apprécier la solidité réelle de la banque.



