À l’approche des prochaines échéances politiques, cent figures de l’écosystème sportif marocain veulent remettre le sport au centre des politiques publiques. Leur appel, rendu public le 5 octobre à Casablanca, réclame notamment un pilotage national renforcé, une gouvernance plus lisible et un accès élargi à la pratique sportive.
La mobilisation réunit des profils rarement rassemblés dans une même démarche. Champions et anciens internationaux côtoient des responsables de fédérations, des entraîneurs, des entrepreneurs, des chercheurs, des universitaires, des journalistes, des professionnels du secteur et des représentants du monde associatif.
Tous défendent cinq engagements destinés à donner une nouvelle impulsion à la politique sportive du Royaume. Leur première proposition porte sur son organisation au plus haut niveau de l’État. Le collectif souhaite la création d’un ministère entièrement consacré au sport ou la mise en place d’une instance publique spécialisée, dotée de ressources propres et chargée de coordonner l’action publique.
Les signataires réclament parallèlement une stratégie nationale élaborée avec les acteurs concernés. Ils souhaitent que les financements nécessaires soient clairement établis et que les objectifs poursuivis soient publics et mesurables.
L’élargissement de la pratique occupe également une place centrale dans leur démarche. L’objectif affiché est de permettre à davantage de Marocaines et de Marocains d’avoir accès à une activité sportive, notamment les jeunes, les femmes et les personnes en situation de handicap. Les territoires qui souffrent encore d’un déficit d’équipements font également partie des priorités avancées.
Le collectif veut aussi revoir les règles de gouvernance du secteur. Il demande une répartition plus claire des responsabilités, davantage de transparence dans les mécanismes de financement et un suivi plus poussé des résultats.
La dynamique sportive que connaît actuellement le Maroc doit, selon les cent signataires, produire des effets qui dépassent les grandes échéances et les performances. Les investissements engagés devraient contribuer durablement au développement de la pratique, à la formation des compétences et à la croissance des entreprises marocaines présentes dans ce secteur. Le collectif entend également encourager davantage d’investissements dans l’économie du sport.
Cette vision repose sur un rôle du sport qui ne se limite pas aux résultats des compétitions. Les promoteurs de l’appel mettent en avant sa contribution à la santé, à l’éducation et aux perspectives offertes à la jeunesse. Ils soulignent également son poids potentiel dans la création d’emplois, le développement des entreprises nationales et le rayonnement du Royaume.
Les formations politiques et le prochain gouvernement sont directement interpellés. Les signataires leur demandent de faire de ces cinq engagements des priorités et souhaitent l’ouverture d’un dialogue avec les acteurs qui travaillent quotidiennement dans le secteur.



