L’intelligence artificielle impose aux sociétés un défi majeur, celui de construire des modèles capables de conjuguer innovation, inclusion et responsabilité. C’est le message porté mercredi à Salé par Amal El Fallah Seghrouchni lors du 5e colloque international de la Fondation Zakoura consacré à l’éducation et à l’intelligence artificielle.
La ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration a estimé que cette révolution technologique oblige à repenser les systèmes éducatifs, à renforcer les investissements dans le capital humain et à bâtir des cadres de gouvernance adaptés aux enjeux contemporains.
Selon elle, l’essor de l’intelligence artificielle ne se limite pas à une transformation technique. Il implique une vision fondée sur la dignité, l’équité et le progrès partagé, dans laquelle l’innovation devient un levier d’inclusion, de justice sociale et d’égalité des chances.
Placée sous les Hautes Orientations de S.M le Roi Mohammed 6, la transformation numérique s’est imposée comme une priorité nationale structurante. Dans ce contexte, Amal El Fallah Seghrouchni a souligné que l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’éducation transforme profondément le rôle de l’enseignant, appelé désormais à accompagner les élèves, structurer les savoirs et développer leur esprit critique.
Le président du Conseil économique, social et environnemental, Abdelkader Amara, a lui aussi insisté sur le caractère incontournable de l’intelligence artificielle. Selon lui, elle ne relève plus du luxe technologique mais s’impose comme un moteur de transformation pour l’économie, les services publics et l’école.
Abdelkader Amara a rappelé que l’intégration de ces technologies dans l’éducation ne peut se réduire à l’introduction de nouveaux outils numériques. Elle suppose des investissements durables dans les infrastructures, notamment dans les zones rurales, ainsi qu’un effort important en matière de formation des enseignants.
Le wali chargé de la Coordination nationale de l’Initiative nationale pour le développement humain, Mohammed Dardouri, a pour sa part souligné que l’intelligence artificielle peut contribuer à répondre à plusieurs défis sociaux, notamment dans les territoires ruraux, où l’éloignement géographique complique encore l’accès à l’éducation.
Il a rappelé que le Plan national pour le préscolaire et la troisième phase de l’INDH ont été lancés sous l’impulsion de S.M le Roi Mohammed 6 afin d’accélérer la généralisation de l’enseignement préscolaire dans le Royaume.
De son côté, la représentante de l’UNICEF au Maroc, Laura Bill, a mis en garde contre le risque de voir l’intelligence artificielle accentuer les inégalités existantes. Elle a estimé que le déploiement de ces technologies dans l’éducation doit s’appuyer sur trois principes essentiels, à savoir l’inclusion, la protection et l’éthique, ainsi que la souveraineté humaine.
Pour l’UNICEF, il est essentiel d’éviter que l’intelligence artificielle ne bénéficie qu’aux populations les mieux connectées, au détriment des enfants vivant dans les zones rurales ou les milieux les plus vulnérables.
Ce colloque de deux jours réunit des responsables publics, des chercheurs, des experts et des acteurs de terrain autour de trois grands thèmes, portant sur les usages pédagogiques de l’intelligence artificielle, l’avenir de l’éducation et les enjeux de gouvernance et d’éthique liés à ces technologies.



