Les premières dépouilles des migrants décédés lors du passage massif du 30 juillet à la frontière de Sebta ont été enterrées vendredi dans le cimetière musulman de l’enclave. Derrière ces premières cérémonies, une autre urgence demeure pour les familles marocaines, celle de savoir ce que sont devenus leurs proches portés disparus.
Quatre victimes ont été mises en terre lors de cette première journée. Une prière musulmane a été récitée avant l’inhumation, tandis que d’autres corps étaient conduits au cimetière par des corbillards. Les tombes ont été préparées côte à côte et identifiées par des numéros.
Selon Said Mohammed, directeur par intérim du cimetière, près de 70 dépouilles doivent être enterrées dans les prochains jours. Le programme prévoit entre dix et douze inhumations quotidiennes. La grande majorité des victimes n’a toutefois pas encore été identifiée.
Cette situation prolonge l’attente de nombreuses familles marocaines. Depuis le drame, des proches utilisent notamment les réseaux sociaux pour tenter de retrouver la trace de personnes dont ils sont sans nouvelles et sollicitent les autorités afin d’obtenir des informations.
Les procédures d’identification reposent sur plusieurs moyens. Les empreintes digitales sont comparées aux fichiers disponibles en Espagne et au Maroc, tandis que des analyses ADN sont effectuées à partir des prélèvements fournis par les familles.
Les démarches restent cependant difficiles pour les proches marocains. Selon Carlos Atoche, lieutenant-colonel de la Guardia Civil chargé de l’enquête, l’accès à Sebta pour déposer des échantillons ADN constitue notamment une difficulté pour certaines familles.
Les dernières données communiquées par le tribunal de Sebta font état de six victimes identifiées. Elles seraient toutes de nationalité marocaine et de sexe masculin.
Les victimes sont inhumées conformément aux rites musulmans, avec une orientation du corps vers La Mecque. Les tombes numérotées doivent permettre de retrouver ultérieurement les dépouilles si une identification est établie et si les familles souhaitent organiser leur rapatriement.
Le bilan communiqué fait état de 82 morts du côté espagnol et de 14 décès confirmés par les autorités marocaines. Plusieurs milliers de migrants se trouveraient encore à Sebta, selon les chiffres cités par Reuters.
Pour les familles marocaines, l’enjeu reste désormais de mettre un nom sur les victimes et de pouvoir, lorsque cela sera possible, récupérer les dépouilles de leurs proches.



