La ville occupée de Melilla fait face à une chute inédite du nombre de naissances. En 2025, les services de santé n’ont recensé que 691 accouchements, contre plus de 3.000 une décennie plus tôt. Selon les données sanitaires espagnoles, le recul dépasse désormais 75 %.
La baisse ne date pas d’une seule année. Les statistiques montrent un repli continu depuis 2020, avec 1.196 naissances cette année-là, puis 886 en 2021, 824 en 2022 et 763 en 2024 ! Chaque exercice confirme l’ampleur du phénomène.
Cette évolution ne correspond pas à une dynamique démographique classique. Pendant longtemps, une part importante des accouchements concernait des femmes venues du nord du Maroc. Les structures hospitalières de Melilla servaient de point d’appui sanitaire pour des familles transfrontalières.
Le basculement intervient avec la fermeture de la frontière maroco-espagnole en mars 2020, dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Si le passage a rouvert en mai 2022, il s’est accompagné de règles plus strictes, notamment l’obligation de visa pour les habitants de Nador.
Ces nouvelles conditions ont durablement réduit les flux de patientes vers Melilla. Les maternités locales, autrefois intégrées à un système de soins transfrontalier informel, voient leur rôle profondément modifié.
Au-delà des chiffres, cette situation révèle un enjeu plus large. L’accès aux soins maternels devient un indicateur indirect des tensions aux frontières. À Melilla, les décisions politiques continuent d’avoir des effets concrets sur l’organisation sanitaire et les parcours de soins dans toute la région.




