Accueil Maroc Cas de morsure de serpent à Essaouira : les antivenins indisponibles

Cas de morsure de serpent à Essaouira : les antivenins indisponibles

Une morsure de serpent prise en charge à Essaouira soulève de nouvelles interrogations sur la disponibilité réelle des sérums antivenimeux dans les hôpitaux marocains.

Selon Santé Mag, le frère d’un collaborateur du média a été victime d’une morsure dans la matinée du 14 juin, avant d’être transporté au Centre Hospitalier Provincial d’Essaouira. Il aurait été admis aux urgences aux alentours de 14 heures.

D’après les éléments recueillis auprès de sa famille, le patient a reçu une perfusion et un traitement médicamenteux. Une ordonnance mentionnant un SAT, sérum antitétanique, aurait également été établie. En revanche, la famille affirme avoir été informée de l’absence de sérum antivenimeux au sein de l’établissement.

Face à cette situation, les proches disent avoir contacté plusieurs structures de santé pour tenter de localiser le traitement. Les réponses obtenues auraient été négatives, aussi bien à Essaouira que dans d’autres établissements sollicités. Les vérifications effectuées par Santé Mag auprès de plusieurs structures auraient abouti au même constat, aucun sérum antivenimeux disponible au moment des appels.

Ce cas intervient alors que le ministère de la Santé et de la Protection sociale affirme régulièrement disposer des moyens nécessaires pour la prise en charge des morsures de serpents. Le 1er juillet 2025, lors du lancement de la Semaine nationale de sensibilisation aux envenimations, le ministre Amine Tehraoui avait indiqué que le Maroc garantissait la disponibilité de sérums antivenimeux adaptés aux espèces locales.

Cette annonce s’inscrivait dans la stratégie nationale de lutte contre les envenimations, articulée autour de la prévention, de la prise en charge médicale, de la surveillance épidémiologique et de la sensibilisation des populations exposées.

L’épisode rapporté à Essaouira met donc en lumière une question sensible. Les antivenins annoncés comme disponibles le sont-ils effectivement dans les structures amenées à recevoir ce type d’urgence, et dans des délais compatibles avec la prise en charge des patients ?

La famille évoque également des difficultés dans le fonctionnement des urgences. Selon le témoignage transmis à Santé Mag, le frère du patient s’est rendu à plusieurs reprises à l’hôpital entre le 14 et le 15 juin pour suivre son état. Il affirme avoir constaté une présence limitée du personnel durant une partie de la nuit et au petit matin, avec seulement une infirmière et des agents de sécurité visibles pendant plusieurs heures.

Le lendemain matin, vers 9h15, il dit avoir trouvé l’accès au bloc fermé alors qu’il souhaitait remettre le petit-déjeuner à son frère. Selon son récit, une femme de ménage aurait expliqué ne pouvoir ouvrir qu’en présence d’un agent de sécurité, tandis que ce dernier aurait répondu que cela ne relevait pas de ses fonctions. Le visiteur affirme avoir dû attendre l’arrivée d’autres membres du personnel pour accéder au service.

Il rapporte aussi l’absence de personnel administratif dans la matinée et dit avoir rencontré d’autres familles confrontées à des difficultés similaires pour obtenir des informations ou identifier un interlocuteur. L’une d’elles lui aurait notamment indiqué avoir installé un proche malade dans une chambre sans parvenir à trouver un responsable du service.

Au-delà du cas médical, ces témoignages posent la question de l’organisation des urgences, de la présence du personnel et de la clarté des responsabilités entre soignants, agents administratifs et personnels non médicaux.

Chaque année, près de 250 morsures de serpents sont recensées au Maroc. Les autorités sanitaires mettent en avant les progrès réalisés dans la réduction de la mortalité liée aux envenimations et les dispositifs mis en place pour améliorer la prise en charge. Mais le cas d’Essaouira rappelle que l’enjeu ne se limite pas aux annonces. Il tient aussi à la disponibilité effective des traitements, à leur répartition territoriale et à l’organisation des services en première ligne.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici