Retail Holding et Label’Vie s’apprêtent à ouvrir une nouvelle étape dans le paysage marocain de la distribution. Le projet annoncé prévoit l’absorption de Label’Vie par Retail Holding, avec une cotation de Retail Holding à la Bourse de Casablanca. L’opération doit regrouper, au sein d’un même ensemble coté, les activités de grande distribution déjà portées par Label’Vie et plusieurs enseignes développées par Retail Holding dans le textile, la restauration rapide, la restauration collective, les loisirs, la technologie, la culture et le lifestyle.
La réalisation de cette fusion n’est pas encore définitive. Elle reste conditionnée à l’obtention du visa de l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux sur le prospectus de fusion-absorption de Label’Vie par Retail Holding, à l’obtention du visa relatif à l’introduction en Bourse de Retail Holding et à l’approbation du projet par les assemblées générales extraordinaires des deux sociétés. Sous réserve de ces étapes, l’opération devrait prendre effet au début du mois d’août 2026.
Le schéma retenu repose exclusivement sur un échange de titres, sans composante en numéraire. Les actionnaires de Label’Vie recevraient automatiquement des actions Retail Holding cotées, selon une parité fixée à 8 actions Retail Holding pour 11 actions Label’Vie détenues. Une procédure spécifique est prévue pour le traitement des rompus.
L’enjeu dépasse une simple réorganisation capitalistique. Retail Holding et Label’Vie veulent faire émerger une plateforme marocaine de retail intégré, multi-enseignes, plus diversifiée et capable de se développer au Maroc comme à l’international. Le projet s’appuie sur un principe central. Utiliser la puissance opérationnelle de Label’Vie comme socle, puis l’étendre à des métiers complémentaires déjà présents dans le portefeuille de Retail Holding.
Label’Vie constitue le cœur industriel de l’opération. Le groupe, créé en 1985 sous le nom Hyper SA avant de devenir Label’Vie, a progressivement construit un réseau de distribution parmi les plus importants du Royaume. Sa trajectoire a été marquée par plusieurs étapes structurantes, dont l’ouverture du premier centre commercial à Rabat en 2001, le rachat de Supersol en 2002, l’introduction en Bourse en 2008, le partenariat avec Carrefour en 2009, l’acquisition de Franprix la même année, le rachat des magasins Metro en 2011, le lancement d’Atacadao en 2012, le déploiement de Supeco en 2023 et le lancement du plan Cap 28 en 2024.
À fin 2025, Label’Vie comptait 411 points de vente au Maroc, pour une superficie globale de 362 909 mètres carrés. Le groupe employait 10 300 collaborateurs. Son chiffre d’affaires atteignait 18,5 milliards de dirhams et son résultat net ressortait à 594 millions de dirhams. Dans l’actionnariat de Label’Vie au 31 décembre 2025, Retail Holding détenait 50,3 pour cent, le flottant et les autres actionnaires 42,17 pour cent, Sanlam Assurance 5,09 pour cent et Aljia Holding 2,37 pour cent.
La dynamique récente du réseau illustre l’accélération engagée par Label’Vie. À fin 2025, le groupe exploitait 23 magasins Atacadao, 16 hypermarchés Carrefour, 107 Carrefour Market, 57 Carrefour Express et 208 Supeco. L’année 2024 avait vu 91 ouvertures, suivies de 141 ouvertures en 2025. Le format Supeco a fortement contribué à cette progression, avec 61 ouvertures en 2024 puis 128 en 2025.
Cette montée en puissance s’inscrit dans le plan Cap 2028. Selon les projections présentées, le chiffre d’affaires de Label’Vie doit passer de 18,5 milliards de dirhams en 2025 à 21,9 milliards en 2026, puis 25,1 milliards en 2027 et 28,7 milliards en 2028. La rentabilité doit rester contenue dans une zone élevée, avec un taux d’EBITDA sur ventes de 9,5 pour cent en 2026, puis 9,3 pour cent en 2027 et en 2028. Le plan prévoit un réseau multiplié par cinq, un chiffre d’affaires multiplié par deux et une rentabilité préservée.
Retail Holding apporte une autre dimension au projet. Le groupe, créé en 2005, affiche 3,2 milliards de dirhams de chiffre d’affaires hors Label’Vie et une présence dans quatre pays. Après fusion, le nouvel ensemble dépasserait 20 000 collaborateurs. Le portefeuille comprend notamment CDCI en Côte d’Ivoire, Kiabi au Maroc, Burger King, Brands & Corners, OCS, ainsi qu’Atlan, porteur notamment du pilote Atacadao France.
CDCI représente l’un des relais les plus importants du futur groupe hors Maroc. Créée en 1989 à partir des activités de distribution d’Unilever, cette plateforme ivoirienne comptait 125 magasins à fin 2025, organisés autour de trois formats, gros, demi-gros et détail. Son chiffre d’affaires 2025 s’élevait à 1,753 milliard de dirhams. Elle employait 1 105 collaborateurs et disposait d’une plateforme logistique de 11 500 mètres carrés, en plus d’une réserve foncière et immobilière. L’enseigne est présente dans une quarantaine de villes en Côte d’Ivoire.
L’ambition autour de CDCI est clairement africaine. Le plan prévoit l’ouverture de 400 points de vente à horizon cinq ans, avec la volonté de changer d’échelle en Côte d’Ivoire et dans la zone UEMOA. L’entrée au capital de l’IFC et de Valoris, annoncée en avril 2026, doit accompagner ce développement. Retail Holding met aussi en avant l’apport d’expertise de Label’Vie, notamment sur l’exécution opérationnelle, la logistique, les fonctions support et la structuration du réseau.
Kiabi apporte au futur groupe une exposition au prêt-à-porter familial. L’enseigne comptait 17 magasins au Maroc en 2025, pour un chiffre d’affaires de 328 millions de dirhams et 307 collaborateurs. Retail Holding est franchisé exclusif de Kiabi au Maroc depuis 2012 à travers Modes et Nuances. L’objectif post-fusion est d’accélérer le déploiement de l’enseigne et d’améliorer sa rentabilité grâce aux synergies avec Label’Vie, notamment en matière d’emplacements, de flux clients et d’allocation du capital.
Burger King constitue l’autre relais visible auprès du grand public. L’enseigne comptait 41 restaurants au Maroc en 2025, pour un chiffre d’affaires de 250 millions de dirhams et 563 collaborateurs. L’activité est portée par GFFS, joint-venture entre Retail Holding et Olayan Group, master franchisé pour la région MENA. La présentation indique que Burger King est devenu le deuxième acteur de la restauration rapide au Maroc. La fusion doit permettre d’accélérer les ouvertures et de renforcer la rentabilité grâce aux synergies opérationnelles avec le groupe Label’Vie.
Brands & Corners, anciennement Virgin, se positionne sur la distribution culturelle, technologique et lifestyle. L’enseigne comptait 11 magasins au Maroc en 2025, avec 268 millions de dirhams de chiffre d’affaires et 210 collaborateurs. Depuis mars 2026, Mega V Stores exploite l’enseigne Brands & Corners. Le concept couvre les produits de divertissement, l’électronique, la culture, les loisirs et les nouvelles tendances de consommation. L’accès aux emplacements du groupe, aux flux commerciaux et aux capacités de développement de Label’Vie doit soutenir son expansion.
OCS est présenté comme un levier immédiat de synergies, même si le closing était encore en cours dans la documentation. L’activité rassemble la restauration collective et le facility management. Elle sert notamment les entreprises, les administrations, l’éducation, les établissements de santé et les bases vie. Le volet facility management couvre le nettoyage professionnel, le gardiennage, la gestion des espaces verts, l’assainissement et les déchets industriels. OCS affichait 1,2 milliard de dirhams de chiffre d’affaires en 2025, 5 500 collaborateurs, plus de 300 clients et 210 000 convives servis par jour. La présentation identifie 850 millions de dirhams d’achats alimentaires pouvant être internalisés auprès du groupe.
Atacadao France reste un projet pilote, mais il illustre l’ambition internationale portée par Retail Holding. Une joint-venture entre Retail Holding, à 55 pour cent, et Carrefour, à 45 pour cent, a permis l’ouverture du premier Atacadao en France en 2024. Le magasin pilote d’Aulnay a réalisé 729 millions de dirhams de chiffre d’affaires en 2025, avec 223 collaborateurs et une moyenne de 3 400 clients par jour. Le projet n’est pas intégré dans la valorisation de l’entité fusionnée. Son déploiement futur dépendra de la validation du modèle sur le marché français.
La nouvelle structure doit remplacer une organisation plus éclatée par un groupe coté, intégré et plus lisible. Avant l’opération, Retail Holding détenait plusieurs participations, dont Label’Vie, CDCI, Kiabi, Burger King, Brands & Corners et Atlan. Après la fusion, les enseignes seraient regroupées sous Retail Holding, coté à la Bourse de Casablanca. La présentation précise que les pourcentages de détention des enseignes historiques de Retail Holding demeurent inchangés.

La valorisation retenue pour Label’Vie repose sur la moyenne des cours moyens pondérés sur trois mois et six mois, arrêtés au 17 mars 2026. Le cours moyen pondéré retenu est de 4 307 dirhams par action. Cette base valorise les fonds propres de Label’Vie à 12 464 millions de dirhams. À titre de repère, le cours spot au 17 mars 2026 était de 3 797 dirhams, pour une capitalisation boursière de 10 988 millions de dirhams. Le cours moyen pondéré ressortait à 3 852 dirhams sur un mois, 4 229 dirhams sur trois mois, 4 385 dirhams sur six mois et 4 489 dirhams sur un an.
Retail Holding a été valorisé selon une méthode de somme des parties. Cette approche consiste à valoriser séparément chaque filiale du groupe. La valeur des capitaux propres part du groupe ressort à 6 926 millions de dirhams, soit 5 928 dirhams par action. Dans cette valorisation, la quote-part de Label’Vie détenue directement et indirectement par Retail Holding représente 6 264 millions de dirhams, soit 90 pour cent de la valeur totale de Retail Holding. Les autres entités représentent environ 720 millions de dirhams, soit 10 pour cent.
Après l’opération, l’actionnariat du nouvel ensemble serait profondément modifié. Avant fusion, Best Financière détenait 52,4 pour cent de Retail Holding, le groupe Sanam 26,1 pour cent, le groupe CDG 14,4 pour cent et l’IFC 7,0 pour cent. Après fusion, Best Financière passerait à 27,5 pour cent, le groupe Sanam à 13,7 pour cent, le groupe CDG à 7,6 pour cent et l’IFC à 3,7 pour cent. Le flottant représenterait 47,5 pour cent. Un droit de vote double est prévu pour les actions détenues depuis plus de deux ans à compter du premier jour de la fusion, afin notamment de permettre à Best Financière de conserver le contrôle de Retail Holding après l’opération.
Les synergies annoncées forment l’un des principaux arguments du projet. Elles reposent d’abord sur la centralisation des achats, afin d’obtenir des effets d’échelle et d’améliorer les marges, y compris sur les investissements. Elles passent aussi par la mutualisation de la supply chain et des fonctions support, la complémentarité commerciale des enseignes, les ventes croisées et des programmes de fidélité transversaux.

L’impact attendu est chiffré. Les synergies commerciales et les économies d’échelle doivent générer 118 millions de dirhams d’EBITDA additionnel dès 2027, puis plus de 166 millions de dirhams à partir de 2028. La centralisation de la trésorerie et la gestion intégrée des ressources financières doivent aussi améliorer les équilibres du groupe.
Le business plan 2026 à 2030 traduit l’ampleur du changement d’échelle recherché. Le chiffre d’affaires total du nouvel ensemble passerait de 21,7 milliards de dirhams en 2025 pro forma à 27,3 milliards en 2026, 31,9 milliards en 2027, 37,0 milliards en 2028, 42,1 milliards en 2029 et 47,0 milliards en 2030. Le taux de croissance annuel moyen ressort à 16,7 pour cent. Sur cette période, le chiffre d’affaires serait multiplié par 2,2.
Label’Vie resterait le premier contributeur. Sa trajectoire standalone passerait de 18,5 milliards de dirhams de chiffre d’affaires en 2025 à 35,9 milliards en 2030. Les autres enseignes et les synergies passeraient de 3,2 milliards de dirhams en 2025 à 11,1 milliards en 2030. La diversification serait donc progressive, mais de plus en plus visible dans le chiffre d’affaires consolidé.
L’EBITDA total suivrait la même tendance. Il passerait de 1,7 milliard de dirhams en 2025 pro forma à 1,9 milliard en 2026, 2,4 milliards en 2027, 3,0 milliards en 2028, 3,3 milliards en 2029 et 3,8 milliards en 2030. Le taux de croissance annuel moyen serait de 17,5 pour cent et l’EBITDA serait multiplié par 2,3. Le taux d’EBITDA sur ventes passerait de 5,5 pour cent en 2025 pro forma à 8,5 pour cent en 2030.
Le résultat net progresserait encore plus rapidement. Dans la présentation financière, il passe de 403 millions de dirhams en 2025 pro forma à 645 millions en 2026, 915 millions en 2027, 1 121 millions en 2028, 1 250 millions en 2029 et 1 434 millions en 2030. Le taux de croissance annuel moyen est donné à 28,9 pour cent, avec une multiplication par 3,6 sur la période. Le communiqué de synthèse mentionne pour sa part un résultat net de 1 449 millions de dirhams à horizon 2030. Cette différence de 15 millions de dirhams entre les deux supports doit être signalée, la présentation détaillée retenant 1 434 millions de dirhams.
Par enseigne, Label’Vie passerait de 18 534 millions de dirhams de chiffre d’affaires en 2025 à 36 055 millions en 2030. Son EBITDA progresserait de 1 557 millions à 3 102 millions de dirhams. Le taux d’EBITDA sur ventes évoluerait légèrement, de 9,5 pour cent à 9,3 pour cent. La croissance annuelle moyenne du chiffre d’affaires ressort à 14,2 pour cent, celle de l’EBITDA à 14,8 pour cent.
CDCI connaîtrait une accélération majeure. Son chiffre d’affaires passerait de 1 790 millions de dirhams en 2025 à 6 408 millions en 2030, soit une croissance annuelle moyenne de 29 pour cent. Son EBITDA passerait d’un niveau négatif de 62 millions de dirhams à un niveau positif de 251 millions. Le taux d’EBITDA sur ventes passerait de moins 2,8 pour cent à 4,7 pour cent. Le plan repose notamment sur les 400 nouveaux magasins de détail et demi-gros prévus à horizon 2030.
OCS passerait de 1 222 millions de dirhams de chiffre d’affaires à 1 954 millions entre 2025 et 2030. Son EBITDA progresserait de 118 millions à 223 millions de dirhams. Son taux d’EBITDA sur ventes passerait de 9,7 pour cent à 11,4 pour cent. Cette amélioration serait portée par les synergies de la fusion et par le positionnement de l’activité sur un marché en croissance.
Kiabi évoluerait de 329 millions de dirhams de chiffre d’affaires en 2025 à 487 millions en 2030. Son EBITDA passerait de 38 millions à 46 millions de dirhams. Le taux d’EBITDA sur ventes reculerait de 13,9 pour cent à 11,8 pour cent. La présentation prévoit la poursuite du réseau avec cinq nouveaux magasins à horizon 2030.
Burger King affiche la trajectoire la plus spectaculaire en matière de rentabilité. Son chiffre d’affaires passerait de 250 millions de dirhams à 775 millions entre 2025 et 2030. Son EBITDA passerait de moins 5 millions de dirhams à 174 millions. Le taux d’EBITDA sur ventes passerait de 1,5 pour cent à 25,0 pour cent. Le plan prévoit en moyenne cinq ouvertures par an dans un marché marocain jugé porteur.
Brands & Corners passerait de 268 millions de dirhams de chiffre d’affaires en 2025 à 407 millions en 2030. Son EBITDA progresserait de 12 millions à 29 millions de dirhams. Le taux d’EBITDA sur ventes passerait de 4,6 pour cent à 7,1 pour cent. Le développement attendu repose sur un concept encore peu structuré au Maroc et sur l’accès aux emplacements du groupe.
Atlan passerait de 697 millions de dirhams de chiffre d’affaires à 1 482 millions entre 2025 et 2030. Son EBITDA passerait de moins 108 millions de dirhams à 43 millions. Le taux d’EBITDA sur ventes passerait de moins 6,3 pour cent à 6,9 pour cent. La présentation insiste toutefois sur le caractère pilote du modèle français, dont le déploiement reste conditionné à sa validation.
Le groupe met également en avant le maintien d’une structure financière solide. La dette nette rapportée à l’EBITDA serait de 1,9 fois en 2030. Le taux d’endettement serait de 33 pour cent à cet horizon, contre 38 pour cent post-fusion à fin 2026 et 55 pour cent pour Label’Vie standalone à fin 2025. La page consacrée aux leviers de création de valeur mentionne aussi une amélioration du ratio d’endettement à 35 pour cent en 2026, contre 54 pour cent actuellement pour Label’Vie.
Le besoin en fonds de roulement normatif est présenté à moins 22 jours de ventes, contre moins 14 jours post-fusion à fin 2026. Le retour sur capitaux employés atteindrait 17,2 pour cent en 2030, hors effet de réévaluation post-fusion, contre 14,1 pour cent pour Label’Vie standalone. Le groupe prévoit par ailleurs 10 milliards de dirhams d’investissements, entièrement financés par sa capacité d’autofinancement.
La politique de dividende devrait rester attractive. Le futur groupe vise un pay out ratio compris entre 55 pour cent et 60 pour cent, sur la base du résultat net consolidé. En 2025, le dividende de Label’Vie représentait 54 pour cent. Ce maintien d’une politique de distribution comparable à celle de Label’Vie vise à préserver une continuité pour les actionnaires appelés à entrer automatiquement au capital de Retail Holding.
Rachid Hadni, président du conseil d’administration de Label’Vie, présente l’opération comme une continuité du développement de Label’Vie. Il met en avant l’élargissement des activités du futur groupe, l’intégration de nouvelles enseignes et l’accès à de nouveaux relais de croissance au Maroc et à l’international. Riad Laissaoui, président du conseil d’administration de Retail Holding, évoque pour sa part une convergence stratégique entre deux partenaires de long terme, destinée à permettre aux enseignes de Retail Holding de bénéficier pleinement de l’expertise opérationnelle de Label’Vie.
Cette fusion projetée traduit une mutation du retail marocain. Le secteur évolue vers des plateformes intégrées, capables de combiner distribution alimentaire, discount, proximité, textile, restauration, services, loisirs et expérience client. Le futur groupe veut exploiter cette convergence à travers les achats, les emplacements, la logistique, les données clients, les programmes de fidélité et l’allocation du capital.
Le Maroc demeure le point d’ancrage principal de cette ambition. Le nouvel ensemble serait d’abord un champion national, présent dans les villes marocaines à travers les enseignes de Label’Vie et les réseaux développés par Retail Holding. Mais l’opération porte aussi une logique d’exportation du savoir-faire marocain. La Côte d’Ivoire avec CDCI et la France avec Atacadao illustrent cette volonté de tester ou de renforcer des modèles au-delà du marché domestique.
Le succès de cette opération dépendra de l’exécution. Les projections financières sont ambitieuses, les synergies sont chiffrées, les relais de croissance sont identifiés. Mais le futur groupe devra piloter des métiers très différents, intégrer les fonctions, préserver la rentabilité de Label’Vie, redresser certains actifs, accélérer des enseignes encore en développement et tenir sa discipline financière. C’est à cette condition que la fusion pourra transformer une addition d’activités en véritable plateforme intégrée.
Si le calendrier est respecté et si les conditions suspensives sont levées, Retail Holding coté remplacera Label’Vie comme véhicule boursier d’un ensemble élargi. Les actionnaires de Label’Vie deviendraient alors actionnaires d’un groupe plus diversifié, plus internationalisé et potentiellement plus créateur de valeur. À horizon 2030, l’ambition affichée est claire. Atteindre 47 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, 3,8 milliards de dirhams d’EBITDA et un résultat net supérieur à 1,4 milliard de dirhams.



