Le président américain Donald Trump a appelé, samedi, à un changement de dirigeant en Ukraine, mettant en cause la capacité de Volodymyr Zelensky à parvenir à un accord de paix avec la Russie. Cette prise de position intervient dans un contexte de divergences croissantes entre Washington et Kiev sur la conduite des négociations et la politique énergétique à l’égard de Moscou.
Lors d’un échange avec la presse à la Maison Blanche, Donald Trump a estimé que l’Ukraine devait se doter d’un responsable politique en mesure de négocier un règlement du conflit. Le président américain a également demandé à Kiev de mettre fin à ses frappes contre les raffineries russes, considérant que ces opérations contribuaient aux tensions sur le marché international du diesel.
Ces déclarations font suite à l’annonce d’un accord entre Washington et Moscou portant sur des livraisons de carburant russe. Selon les modalités présentées par les deux parties, la Russie devrait fournir 300.000 tonnes de diesel dès octobre, avant une augmentation progressive des volumes jusqu’à un million de tonnes en décembre.
Cet accord intervient alors que les États-Unis font face à une hausse des prix des carburants, dans un contexte de tensions militaires avec l’Iran. La question du coût de l’énergie occupe une place importante dans le débat politique américain, à l’approche des élections de mi-mandat.
.@POTUS on Ukraine: « You know what I suggest? I suggest they get a new leader who could make a deal because he could’ve made many deals and for some reason he never does… I think it’s time for Ukraine to get a new President. » https://t.co/WoVG0HUazA
— Rapid Response 47 (@RapidResponse47) October 10, 2026
Le président ukrainien a contesté la décision américaine, estimant qu’un assouplissement des restrictions sur les exportations pétrolières russes pourrait renforcer les capacités financières de Moscou. Volodymyr Zelensky considère que les revenus supplémentaires tirés de ces ventes risquent de contribuer au financement de l’effort de guerre russe.
Sur le plan militaire, plusieurs villes ukrainiennes ont été visées samedi par de nouvelles frappes. À Zaporijjia, dans le sud-est du pays, les attaques ont fait au moins 20 morts, selon les premiers bilans rapportés. À Kiev, des bombardements ont provoqué des coupures d’électricité et une suspension temporaire du métro. Six personnes ont été blessées, d’après les autorités municipales.
Ces développements interviennent parallèlement à la poursuite des contacts diplomatiques entre les États-Unis et l’Ukraine. Des discussions engagées vendredi en Floride, avec la participation de représentants européens et de l’Otan, avaient été qualifiées de constructives par l’émissaire américain Steve Witkoff.
De son côté, le Kremlin a fait état d’échanges entre Donald Trump et Vladimir Poutine concernant d’éventuelles mesures de désescalade. Moscou n’a toutefois communiqué aucun détail sur la portée des propositions évoquées.
Les partenaires européens de Kiev suivent ces développements avec prudence. Berlin a réaffirmé son soutien à l’Ukraine ainsi que sa volonté de poursuivre les consultations sur de nouvelles sanctions contre la Russie. Volodymyr Zelensky a, pour sa part, indiqué avoir abordé avec Emmanuel Macron les conséquences de l’allègement des restrictions américaines sur les produits pétroliers russes.
Les positions exprimées par Washington et Kiev mettent en évidence leurs divergences sur les moyens de parvenir à un règlement du conflit. L’accord énergétique entre les États-Unis et la Russie constitue désormais un élément supplémentaire dans les discussions diplomatiques, dont les perspectives restent incertaines.



