Les avancées dans le traitement du cancer prolongent la vie des patients, mais font aussi émerger de nouveaux besoins dans leur accompagnement. C’est autour de cette évolution de la prise en charge que des professionnels de santé marocains et internationaux se sont retrouvés, samedi 26 septembre à Rabat, à l’occasion du « Best of MASCC 2026 ».
L’événement, organisé pour la première fois sur le continent africain, était porté par la Moroccan Association of Supportive Care in Cancer, en partenariat avec la Fondation Lalla Salma – Prévention et traitement des cancers et la Multinational Association of Supportive Care in Cancer.
Cette journée a permis de ramener à Rabat une sélection des travaux présentés en juin à Melbourne lors du congrès annuel MASCC/ISOO. Les participants ont ainsi pu revenir sur plusieurs avancées récentes concernant les soins qui accompagnent les traitements anticancéreux et contribuent à préserver la qualité de vie des patients.
Les débats ont d’abord abordé les disparités qui persistent dans l’accès aux soins de support. La question de leur reconnaissance dans le parcours oncologique ainsi que la place d’une oncologie intégrative reposant sur des données scientifiques ont également été examinées.
Les spécialistes se sont ensuite penchés sur les effets indésirables associés aux nouvelles thérapies contre le cancer. La cardiotoxicité a notamment été abordée, aux côtés des interventions psychosociales, de l’activité physique adaptée et de l’accompagnement des proches aidants.
Le Dr Rachid Bekkali a ouvert les travaux en présentant l’approche de la Fondation Lalla Salma dans ce domaine. La MOASCC a parallèlement porté son plaidoyer pour que les soins de support soient davantage reconnus comme l’un des piliers de la qualité de la prise en charge oncologique au Maroc.
Cette évolution prend une importance particulière à mesure que les progrès thérapeutiques transforment le parcours des malades. Pour le Dr Mounir Bachouchi, président de la MOASCC, traiter le cancer ne suffit plus à résumer les enjeux auxquels sont confrontées les équipes médicales. Les patients vivent plus longtemps avec la maladie, mais également avec les effets des traitements qui leur sont administrés.
Dans cette approche, les soins de support ne constituent pas un volet séparé de la thérapie anticancéreuse. Ils participent à la tolérance des traitements et à leur observance, tout en contribuant à réduire certaines hospitalisations évitables et à préserver l’autonomie et la qualité de vie.
Le choix d’organiser le Best of MASCC au Maroc répond aussi à une volonté de rapprocher les connaissances scientifiques internationales des réalités rencontrées dans les établissements de santé. Les données issues du congrès de Melbourne ont ainsi été discutées à l’aune des moyens dont disposent les professionnels dans leurs propres services.
Cette première africaine a finalement placé Rabat au centre d’un échange consacré à une dimension de la cancérologie qui accompagne directement les progrès thérapeutiques. Derrière l’efficacité des traitements se pose désormais avec davantage d’acuité la question des conditions dans lesquelles les patients traversent la maladie et vivent avec ses conséquences.



