Après plusieurs années de sécheresse, le Maroc vient de vivre un hiver exceptionnellement humide. Selon les données publiées par la Direction générale de la météorologie, la saison 2025-2026 figure parmi les plus pluvieuses enregistrées dans le Royaume depuis plus de quarante ans.
Le cumul moyen des précipitations a atteint 136 millimètres, alors que la normale saisonnière se situe autour de 71 millimètres pour la période de référence 1991-2020. Ce niveau classe la saison 2025-2026 au troisième rang des hivers les plus arrosés depuis 1981, derrière les épisodes exceptionnels de 2010 et de 1996.
La pluviométrie n’est pas le seul indicateur marquant de cette saison. La fréquence des épisodes pluvieux a également atteint des niveaux inhabituels. En moyenne, le pays a enregistré 36 jours de pluie, soit plus du double d’un hiver habituel qui en compte environ 17.
Plusieurs stations météorologiques ont même battu leurs records historiques de jours pluvieux. Ifrane a enregistré 49 jours de pluie, dépassant le précédent record de 44 jours établi en 1963. Kénitra a comptabilisé 43 jours, contre 41 en 1996. À El Jadida, 41 jours ont été observés, tandis que Casablanca en a enregistré 38 et Khouribga 37, dépassant là aussi les références précédentes.
Dans certaines régions, les cumuls de précipitations ont atteint des niveaux particulièrement élevés. À Tanger, les relevés ont atteint 1.296 millimètres sur la saison, dépassant largement le record précédent de 889 millimètres enregistré en 1996. Des volumes importants ont également été mesurés à Nouasser avec 448 millimètres et à Sidi Slimane avec 435 millimètres.
Ces pluies sont intervenues après plusieurs années de sécheresse. Dans certaines zones, les sols fortement asséchés ont eu des difficultés à absorber les précipitations successives, ce qui a favorisé le ruissellement et provoqué localement des épisodes d’inondations.
La saison s’est aussi distinguée par un enneigement important sur les reliefs du Royaume. La surface couverte par la neige a atteint 55.495 km² le 18 décembre 2025, soit le niveau le plus élevé observé depuis 2019. Une couverture supérieure à 20.000 km² s’est maintenue pendant une grande partie de l’hiver, avec un nouveau pic de 50.127 km² enregistré le 25 janvier.
Sur le plan thermique, la moyenne saisonnière est restée proche de la normale avec une anomalie de +0,15 °C. La saison a toutefois été marquée par des contrastes importants. Le début de l’hiver a connu plusieurs périodes plus froides que la normale, avant un réchauffement progressif à partir de la fin janvier.
Fin février, un épisode de chaleur inhabituelle pour la saison a été observé. Le 22 février, l’anomalie thermique a atteint +5,28 °C. Plusieurs villes ont enregistré des températures particulièrement élevées pour un mois d’hiver, notamment 35,1 °C à Smara, 33,1 °C à Taroudant, 31,2 °C à Nouasser et 30,4 °C à Marrakech.
Les météorologues expliquent cette saison exceptionnellement arrosée par des conditions atmosphériques particulières, notamment l’affaiblissement du vortex polaire qui a favorisé la descente d’air froid vers les latitudes marocaines. Ce phénomène a contribué à l’installation d’un Jet Stream sur la région et au recul vers le sud de l’anticyclone des Açores, ouvrant la voie à l’arrivée de masses d’air très humides.



