Le Maroc s’est imposé en août parmi les pays ayant fourni de l’essence à la Russie, au moment où Moscou cherchait à compenser les perturbations provoquées par l’arrêt de plusieurs de ses grandes raffineries.
Sur les près de 460 000 tonnes métriques de carburants importées par voie maritime au cours du mois, environ 370 000 tonnes correspondaient à de l’essence en provenance du Maroc, de l’Inde et de la Turquie. Les cargaisons ont été dirigées vers des ports russes de la Baltique et de l’Arctique.
Ce recours accru aux importations intervient après plusieurs attaques de drones ukrainiens ayant affecté des sites majeurs de raffinage. Les installations de Perm, Nijni Novgorod, Kirishi et Yaroslavl figurent parmi celles dont les opérations ont été interrompues ou perturbées.
La situation a pesé sur l’approvisionnement intérieur. À la fin du mois d’août, la production russe d’essence était tombée à environ 70 % du niveau de la consommation nationale, selon des données issues de sources industrielles.
Le vice-premier ministre Alexandre Novak avait confirmé à la mi-août que la Russie avait commencé à importer du carburant, sans communiquer les volumes concernés ni l’origine des cargaisons.
Moscou a également renforcé ses achats terrestres d’essence auprès de la Biélorussie et du Kazakhstan et interdit les exportations de carburant afin de préserver les disponibilités sur son marché intérieur.
Les approvisionnements par mer devraient se poursuivre à court terme. Deux cargaisons supplémentaires d’essence, représentant environ 80 000 tonnes, étaient attendues dans les ports russes au cours de la semaine suivante.
La demande estivale de carburant en Russie est estimée à près de 115 000 tonnes par jour. Dans ce contexte, les importations en provenance notamment du Maroc ont contribué à compléter une offre intérieure affaiblie par les interruptions de production.



