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Grossesses en milieu rural : le ministère de la Santé élargit le recours à l’IA

Grossesses en milieu rural : le ministère de la Santé élargit le recours à l’IA
Grossesses en milieu rural : le ministère de la Santé élargit le recours à l’IA

Dans plusieurs localités rurales de Béni Mellal-Khénifra, les femmes enceintes devaient jusqu’ici parcourir en moyenne 90 kilomètres pour bénéficier d’une échographie. Le ministère de la Santé et de la Protection sociale entend réduire ces déplacements en équipant les centres de santé de proximité d’une technologie permettant de réaliser des examens prénataux avec l’aide de l’intelligence artificielle.

Déjà expérimentée dans dix établissements de la région, cette solution sera progressivement introduite dans 40 autres centres. Le programme couvrira ainsi 50 structures sanitaires, avant une éventuelle extension à l’ensemble du territoire national.

Les premiers essais ont concerné 416 patientes et mobilisé 27 sages-femmes préalablement formées à l’utilisation du matériel. Plus de 16 500 structures fœtales ont été examinées par le système d’intelligence artificielle au cours de cette phase initiale, selon les données communiquées par le ministère le 5 octobre 2026.

L’équipement repose sur une sonde échographique transportable, associée à une tablette. Les professionnels de santé réalisent sept balayages prédéfinis, en suivant les indications affichées sur l’écran. Le logiciel traite les images au fur et à mesure de l’examen et vérifie automatiquement la présence de plusieurs éléments anatomiques, notamment le cœur, la tête et la colonne vertébrale du fœtus, ainsi que le placenta et le liquide amniotique.

Un rapport médical est ensuite établi sous format électronique. Il doit obligatoirement être examiné et approuvé par un médecin, l’intelligence artificielle intervenant comme outil d’assistance dans la réalisation et l’interprétation initiale des images.

Le dispositif permet également de conserver les informations médicales recueillies pendant les consultations. Les anciennes fiches papier sont remplacées par un enregistrement numérique, intégré au dossier de chaque patiente et disponible lors des rendez-vous ultérieurs.

Dans les centres ruraux, où le suivi des grossesses repose souvent sur les sages-femmes et les généralistes en raison de l’absence de gynécologues et de radiologues, cette technologie doit faciliter l’accès aux examens sans imposer systématiquement un déplacement vers l’hôpital.

Les premières observations font notamment apparaître un gain de temps pour les équipes médicales. D’après le ministère, la durée nécessaire à une échographie a été réduite d’un facteur de deux à trois depuis l’introduction de cette solution.

Le changement concerne aussi les décisions de transfert vers les établissements hospitaliers. Faute de moyens d’exploration sur place, de nombreux centres orientaient auparavant leurs patientes vers des structures spécialisées, y compris lorsque la grossesse ne présentait pas de complication particulière.

La disponibilité d’un examen échographique local permet désormais de mieux évaluer les situations et de réserver davantage les orientations hospitalières aux grossesses nécessitant une surveillance ou des soins spécialisés. Le ministère fait état d’une diminution significative de ces transferts, sans toutefois préciser leur nombre.

L’utilisation de cette technologie doit également améliorer le repérage de certaines complications pendant les consultations habituelles. Des anomalies du liquide amniotique, des troubles du rythme cardiaque fœtal ou des signes de pré-éclampsie peuvent ainsi conduire à une orientation médicale plus rapide.

Le dépistage concerne aussi certaines malformations fœtales graves, parfois identifiables dès les premiers mois de grossesse. Leur détection précoce permet aux professionnels de santé d’informer les familles et d’organiser leur accompagnement médical dans de meilleures conditions.

Les sages-femmes formées au cours de l’expérimentation utilisent déjà le matériel dans leur pratique quotidienne. Selon le ministère, les équipes concernées ont accueilli favorablement cette nouvelle méthode de travail, dont l’intégration a été facilitée par l’appui des structures sanitaires régionales.

L’élargissement du programme à 50 centres dans Béni Mellal-Khénifra constitue désormais la prochaine étape. Les autorités sanitaires prévoient de s’appuyer sur cette expérience régionale pour préparer une introduction progressive de l’échographie prénatale assistée par intelligence artificielle dans d’autres territoires marocains.

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