Le gazoduc Afrique Atlantique, qui doit assurer une liaison énergétique entre le Nigeria et le Maroc, avance sur le terrain des engagements intergouvernementaux. La compagnie pétrolière nationale nigériane (NNPC) affirme que tous les pays associés à cette infrastructure ont signé les accords indispensables à sa réalisation. L’annonce a été faite par son directeur général, Bashir Bayo Ojulari, lors du salon international de l’énergie ADIPEC, organisé à Abou Dhabi.
Dans une communication officielle consacrée à son intervention du 3 novembre 2026, la NNPC rapporte que les États participant au projet ont désormais donné leur accord. Son dirigeant n’a toutefois pas détaillé les documents signés ni précisé les dernières démarches accomplies par les différentes parties.
Cette déclaration intervient après l’adoption, le 19 juillet 2026 à Freetown, en Sierra Leone, d’un accord intergouvernemental par les membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette signature devait être suivie d’une seconde cérémonie au Maroc, destinée à formaliser l’adhésion du Royaume et de la Mauritanie au même texte.
L’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) avait alors annoncé que le président nigérian Bola Tinubu devait assister à cette rencontre. À ce stade, la communication de la NNPC ne confirme pas explicitement la tenue de cette cérémonie, malgré l’annonce d’un accord de l’ensemble des pays concernés.
D’un coût prévisionnel de 25 milliards de dollars, le futur gazoduc doit parcourir près de 6.900 kilomètres. Sa capacité annuelle est évaluée à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel. L’infrastructure vise à alimenter plusieurs pays situés sur la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest, ainsi que le marché marocain, avec la perspective de livraisons vers l’Europe.
La conclusion des accords entre États ne constitue cependant qu’une partie des démarches prévues avant la réalisation du projet. Dans un entretien accordé précédemment à Médias24, Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM, avait présenté les principaux chantiers encore à mener.
Parmi les étapes identifiées figurent la création d’une société de projet basée à Casablanca, l’organisation du financement et la préparation des décisions d’investissement. Ces travaux doivent accompagner le passage du projet vers sa phase de réalisation.
À Abou Dhabi, le directeur général de la NNPC a également fait état d’une progression de la production pétrolière nigériane. Selon Bashir Bayo Ojulari, les volumes extraits ont augmenté de 600.000 barils par jour, passant de 1,2 million à 1,8 million de barils quotidiens. Il a présenté cette évolution comme l’un des résultats des réformes entreprises dans l’industrie pétrolière nationale.
Le Nigeria prévoit désormais de porter sa production de pétrole à deux millions de barils par jour en 2027. Le pays entend également accroître ses capacités de production de gaz naturel, avec un premier objectif fixé à 10 milliards de pieds cubes quotidiens en 2027, avant d’atteindre 12 milliards en 2030.
Ces ambitions doivent permettre au Nigeria de renforcer son approvisionnement intérieur et de développer ses exportations de gaz naturel.



