La crise migratoire survenue fin juillet à Sebta entraîne un départ au sein de l’administration espagnole. Miguel Ángel Pérez Triano, représentant du gouvernement de Madrid dans la ville, a annoncé lundi sa démission après plusieurs semaines de polémique sur la gestion des arrivées massives.
Quelque 72 000 personnes venues du Maroc avaient rejoint Sebta au plus fort de cet épisode. Les capacités d’accueil avaient rapidement été dépassées. Une grande partie des migrants a depuis quitté la ville, mais plusieurs milliers s’y trouvent toujours.
Sebta est administrée par l’Espagne et revendiquée par le Maroc, qui ne reconnaît pas la souveraineté espagnole sur la ville.
Miguel Ángel Pérez Triano, qui coordonnait les relations entre les autorités locales, les services de l’État espagnol et les forces de sécurité, maintient avoir correctement rempli ses fonctions. Il assure également que sa délégation n’exerçait pas de contrôle opérationnel sur la frontière ni sur les forces chargées de sa surveillance.
Selon le responsable démissionnaire, aucun renseignement disponible avant les événements ne permettait d’anticiper l’arrivée de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Le gouvernement espagnol défend une version similaire, reconnaissant l’existence d’alertes sur de possibles franchissements sans considérer qu’elles annonçaient un mouvement d’une telle ampleur.
Pérez Triano explique surtout son départ par les répercussions de la polémique sur sa vie personnelle. Il affirme avoir subi des insultes et des menaces visant également sa famille. Une gerbe funéraire aurait notamment été déposée devant son bureau.
La justice espagnole s’est saisie des événements. La Haute Cour doit entendre cette semaine l’ancien chef de cabinet de Pérez Triano dans le cadre de son enquête.
La situation demeure tendue sur le plan de l’accueil. Selon le ministre espagnol de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, jusqu’à 3 500 migrants se trouveraient encore à Sebta en dehors des structures prévues à cet effet.



