La hausse des dépenses d’exploitation ravive les inquiétudes des entreprises marocaines de transport touristique. Entre le renchérissement du gasoil, le coût de l’entretien et des pièces de rechange et les engagements financiers hérités de la pandémie, la Fédération nationale du transport touristique estime que les marges de manœuvre des opérateurs se réduisent fortement.
L’organisation professionnelle conteste surtout l’efficacité du soutien actuellement accordé. Dans un récent communiqué, elle considère que les montants versés et les critères retenus ne reflètent pas suffisamment la consommation effective de carburant des véhicules.
Les chiffres avancés par la Fédération illustrent ce décalage. Un poids lourd peut consommer près de 6.000 litres de gasoil par mois. Avec un soutien calculé dans certains cas sur une base de 3 dirhams par litre et plafonné autour de 6.000 dirhams, seuls quelque 2.000 litres seraient effectivement couverts.
La même difficulté concernerait les autocars. Leur consommation mensuelle se situerait entre 2.700 et 3.400 litres, alors que l’aide atteindrait environ 7.000 dirhams. Pour certaines catégories de taxis, la FNTT évoque quelque 450 litres consommés pour 2.200 dirhams de soutien et environ 300 litres pour une aide de 1.600 dirhams. Certains véhicules utilitaires resteraient par ailleurs exclus du mécanisme.
Au-delà du carburant, les professionnels font état d’une augmentation de plusieurs dépenses indispensables à leur activité. Les réparations, les pièces détachées et les péages s’ajoutent aux charges que doivent absorber des entreprises dont certaines restent fragilisées financièrement depuis la crise sanitaire.
La FNTT attire également l’attention sur les conditions de concurrence auxquelles le transport touristique est confronté. Elle cite les plateformes étrangères, dont GetYourGuide, ainsi que les applications de type VTC, qu’elle considère comme opérant dans un environnement insuffisamment réglementé.
Face à cette accumulation de contraintes, la Fédération demande la création d’une aide exceptionnelle directement liée au carburant et adaptée aux caractéristiques du transport touristique.
Elle souhaite également que les difficultés techniques affectant la plateforme de soutien soient résolues. D’après l’organisation, ces dysfonctionnements ont empêché certaines entreprises d’accéder aux aides auxquelles elles pouvaient prétendre.
La mise en place d’un gasoil professionnel figure également parmi les principales propositions portées par la FNTT. Un tel dispositif permettrait, selon elle, de mieux protéger les transporteurs contre les variations du prix du carburant et d’améliorer leur visibilité financière.
Des ajustements fiscaux sont aussi réclamés. La Fédération propose notamment d’alléger la TVA supportée sur le carburant ou d’en permettre la récupération par les entreprises concernées. Elle demande parallèlement une intervention sur les marges des sociétés de distribution de carburants.
Les professionnels souhaitent désormais discuter directement avec les départements gouvernementaux concernés. La FNTT appelle à l’élaboration d’un plan destiné à préserver les entreprises et les emplois du secteur tout en maintenant la compétitivité de l’activité touristique.
Faute d’avancées, la Fédération envisage de recourir aux formes d’action syndicale et aux démarches prévues par la législation et la Constitution. Elle estime que les difficultés rencontrées nécessitent désormais des réponses durables plutôt qu’une succession de mesures temporaires.



