Les premiers blindés 8×8 assemblés au Maroc par le groupe indien Tata devraient recevoir des tourelles fabriquées localement à partir de mars 2027. Moroccan Military Industry (MMI), filiale de l’entreprise israélienne Elbit Systems, a fixé cette échéance pour le lancement de ses livraisons aux Forces armées royales.
L’annonce a été faite par Kaduri Naor, directeur général de MMI, en marge du Marrakech Air Show. L’industriel a conclu un accord avec l’administration marocaine de la Défense portant sur la fourniture des tourelles destinées aux véhicules Tata, ainsi que sur la production des munitions adaptées à ces équipements.
La fabrication des systèmes d’armement repose sur une unité implantée dans la zone industrielle de Midparc, aux environs de Casablanca. MMI prépare également l’ouverture d’un deuxième établissement à Sidi Yahya, au nord de Rabat, où seront produites des munitions de moyen et de gros calibre.
L’activité de l’entreprise ne se limitera pas aux équipements conventionnels. Ses équipes développent une tourelle capable d’intercepter les drones, à partir du modèle destiné aux blindés. Cette technologie vise un marché international où les armées cherchent à réduire les dépenses liées à la neutralisation des appareils sans pilote.
Kaduri Naor a insisté sur le coût relativement faible des drones par rapport aux dispositifs employés pour les abattre. La solution proposée par MMI entend répondre à cette différence de coût.
Le dispositif utilisera des munitions fabriquées au Maroc, dotées d’un radar miniature chargé de détecter les drones à proximité. Une fois la menace repérée, une explosion libérera des fragments de tungstène destinés à atteindre et détruire l’appareil.
Un autre programme industriel concerne les mortiers automoteurs. MMI envisage d’en assurer la production pour permettre leur installation sur des véhicules militaires.
L’entreprise regarde également au-delà du marché marocain. Elle souhaite faire de ses unités de production une base d’approvisionnement pour des clients étrangers. Selon son directeur général, un pays européen appartenant à l’OTAN devrait figurer parmi les acheteurs de ses équipements. Il n’a toutefois pas souhaité communiquer son identité.
Les activités de MMI prennent place dans le cadre de la coopération militaire entre le Maroc et Israël. Après la reprise des relations diplomatiques en 2020, les deux pays ont conclu en 2021 un accord de défense couvrant plusieurs secteurs, dont l’artillerie, les systèmes de défense aérienne, les drones et la fabrication de matériels militaires.
Sur le plan des ressources humaines, Kaduri Naor a indiqué que les ressortissants marocains constituent 99 % du personnel de l’entreprise, y compris parmi les ingénieurs.



