Le dossier Sanlam Maroc Allianz Maroc entre dans une séquence où les chiffres comptent autant que le calendrier. À l’approche de l’assemblée générale extraordinaire d’Allianz Maroc, prévue le 2 juillet 2026, les actionnaires de la compagnie disposent désormais du rapport qui détaille les conditions de son absorption par Sanlam Maroc.
L’intérêt du document ne tient pas à l’annonce de la fusion, déjà connue. Il réside dans ce qu’il précise pour les actionnaires d’Allianz Maroc. La compagnie absorbée ne serait pas liquidée, mais dissoute de plein droit après transmission de l’ensemble de son patrimoine à Sanlam Maroc. Cette étape reste toutefois conditionnée aux autorisations réglementaires et au vote des assemblées générales des deux sociétés.
Le point le plus sensible concerne la parité d’échange. Les actionnaires d’Allianz Maroc recevraient 5 actions Sanlam Maroc pour 2 actions Allianz Maroc. Le rapport retient une valeur de 5.316,07 dirhams par action Allianz Maroc et de 2.090,23 dirhams par action Sanlam Maroc. Cette base aboutit à une parité arrondie de 2,50.
Pour Sanlam Maroc, l’opération se traduirait par une augmentation de capital de 122,5 millions de dirhams, avec la création de 1.225.000 actions nouvelles de 100 dirhams de nominal. Le nombre d’actions composant le capital passerait de 4.116.874 à 5.341.874 actions.
L’apport d’Allianz Maroc est évalué sur la base de ses comptes au 31 décembre 2025. L’actif apporté ressort à 9.271.313.545,24 dirhams et le passif repris par Sanlam Maroc à 6.666.440.393,90 dirhams. L’actif net apporté s’élève donc à 2.604.873.151,34 dirhams. La prime de fusion atteindrait 2.482.373.151,34 dirhams.
Le rapport encadre aussi le traitement des actions nouvelles. Elles seraient assimilées aux actions existantes de Sanlam Maroc à compter de la réalisation définitive de la fusion, mais ne donneraient pas droit au dividende versé au titre de l’exercice clos le 31 décembre 2025. Les éventuels rompus devront être traités selon les modalités prévues après la cotation des nouvelles actions.
La suite du dossier dépend désormais de plusieurs verrous. La fusion devra obtenir le visa de l’AMMC sur la note d’information, l’autorisation de l’ACAPS et l’approbation des assemblées générales extraordinaires de Sanlam Maroc et d’Allianz Maroc.
Pour Allianz Maroc, l’AGE du 2 juillet marque donc plus qu’une formalité. Elle doit permettre aux actionnaires de se prononcer sur les conditions concrètes de leur basculement dans Sanlam Maroc. C’est ce déplacement du centre de gravité qui donne au dossier son actualité. La fusion est connue, mais ses effets pour les actionnaires d’Allianz Maroc arrivent désormais au vote.


