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Abir Berriah prépare une exposition dédiée aux femmes libres

Abir Berriah prépare une exposition dédiée aux femmes libres
Abir Berriah prépare une exposition dédiée aux femmes libres

Abir Berriah travaille actuellement sur une nouvelle exposition qui mettra à l’honneur une figure féminine libre, audacieuse et profondément singulière. Fidèle à son univers, l’artiste marocaine poursuit une œuvre où la femme occupe une place centrale, loin des représentations convenues et des codes figés.

Autodidacte, Abir Berriah a construit son parcours à contre-courant. Peintre mais aussi pianiste, elle nourrit son travail de ces deux disciplines qu’elle pratique et enseigne depuis des années. Cette double sensibilité irrigue aujourd’hui toute sa démarche artistique. Dans ses toiles, la musique n’est jamais loin. Elle accompagne les formes, guide les mouvements, impose parfois même un rythme à la composition.

Ses futures créations prolongeront cette recherche où chaque trait, chaque couleur et chaque détail semblent presque produire une sonorité. L’artiste imagine d’ailleurs cette série comme une forme de rhapsodie picturale où le regard circule comme une oreille attentive face à une partition.

« Les tableaux pourraient presque s’intituler rapsodie aussi pour évoquer le côté féminin mais aussi pour rappeler la sonorité de chaque trait de peinture », explique-t-elle.

Dans cette nouvelle exposition, Abir Berriah veut donner à voir une femme qui refuse le superficiel et revendique une forme d’authenticité. Ses toiles se veulent comme un hommage à ces figures féminines qui ont traversé les générations sans renoncer à leurs valeurs, à leur force intérieure ou à leur rôle de transmission.

« La femme, de nos jours, subit le superficiel et s’éloigne de l’authentique. A travers mes toiles, je cherche à rendre hommage à toutes ces femmes authentiques qui furent nos grand-mères et qui sont aussi nos mères et qui ont su préserver les valeurs ancestrales qui nous définissent », affirme l’artiste.

Depuis ses débuts, Abir Berriah développe un langage visuel très personnel centré sur le corps féminin. Elle le fragmente, le déconstruit, le recompose. Pour elle, cette représentation traduit la manière dont les femmes se dispersent souvent pour répondre aux attentes de leur entourage, de leur famille ou de la société.

« La femme, de par le monde, se met en morceaux pour servir sa famille », confiait-elle déjà au sujet de cette présence récurrente du corps féminin dans ses œuvres.

Ses personnages, souvent allongés, déformés ou saisis dans le mouvement, rappellent parfois des danseuses de ballet. Ils semblent flotter dans des univers où se croisent silhouettes féminines, touches surréalistes et références au piano. Cet instrument apparaît régulièrement dans ses tableaux, sous des formes détournées, colorées, parfois naïves ou vintage. Une manière pour l’artiste de faire dialoguer ses deux passions et de donner à ses œuvres une identité immédiatement reconnaissable.

Abir Berriah revendique aussi une certaine ambiguïté dans son travail. Elle préfère laisser le spectateur découvrir lui-même les messages cachés, les tensions ou les émotions que ses toiles peuvent contenir. Plus on les regarde, plus elles dévoilent des détails, des symboles ou des fragments de récit qui interpellent.

Elle invite d’ailleurs le public à prendre le temps de s’arrêter devant ses œuvres, à observer ce qui se cache derrière les apparences et à dépasser la première lecture.

« Là où d’autres se contentent de passer, moi je m’arrête, j’absorbe et je transforme. J’essaie de créer non pour plaire, mais pour exister », dit-elle.

Cette volonté de créer avant tout pour exprimer une nécessité intérieure traverse l’ensemble de son parcours. Après des études en modélisme et plusieurs expériences dans des défilés, Abir Berriah a finalement choisi de se consacrer pleinement au piano et à la peinture. Ses expositions restent encore peu nombreuses, mais chacune d’elles a marqué les visiteurs par la singularité de son univers. Elle a notamment exposé à Casablanca dans le cadre de la fondation TGCC après avoir été recommandée par un professeur de Bordeaux à l’issue d’un workshop.

Abir continue de se considérer comme une artiste en début de parcours malgré les retours très positifs de plusieurs peintres reconnus. Elle préfère avancer avec discrétion et laisser ses œuvres parler à sa place. Deux projets d’exposition à l’international seraient également en préparation, même si elle estime qu’il est encore trop tôt pour en dévoiler davantage.

Abir Berriah vit également de l’enseignement du piano et de la peinture, une manière pour elle de préserver sa liberté artistique. Elle refuse de dépendre uniquement de la vente de ses toiles et revendique le droit de peindre sans contrainte commerciale.

« Je préfère ne pas être obligée de vendre une toile pour vivre », résume-t-elle.

Dans cette future exposition, le public retrouvera ainsi tout ce qui fait la singularité de son travail. Une peinture traversée par la musique, des femmes à la fois fragiles et puissantes, des compositions où chaque détail compte et une artiste qui cherche moins à séduire qu’à exprimer une vérité intime.

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