Le Crédit Agricole du Maroc met à profit le Salon international des dattes, qui se tient à Erfoud depuis le 28 octobre, pour faire connaître ses solutions de financement aux agriculteurs des zones oasiennes. Cette 15e édition intervient dans un contexte de perspectives favorables pour la filière, avec une production nationale estimée à 177 000 tonnes pour la campagne 2026-2027, soit une hausse de 11%.
Consacré cette année à l’innovation au service du développement territorial, le salon offre au Groupe bancaire l’occasion de détailler les moyens déployés pour soutenir les investissements agricoles. Son intervention concerne l’ensemble des activités liées au palmier dattier, depuis la création des plantations jusqu’à la mise en marché des produits, en passant par l’équipement, la récolte et la transformation.
Hanane Aajli, directrice du cabinet du président du Groupe et directrice générale de Tamwil El Fellah, a exposé les différentes possibilités de financement proposées aux professionnels. Celles-ci s’adressent aussi bien aux exploitants familiaux qu’aux structures agricoles de plus grande taille, avec des formules adaptées à la nature et aux besoins de leurs projets.
L’accès aux ressources financières reste toutefois difficile pour une partie des petits producteurs, particulièrement ceux qui ne possèdent pas de titres fonciers susceptibles de servir de garanties. Pour répondre à cette situation, Tamwil El Fellah intervient auprès des agriculteurs généralement exclus des circuits bancaires traditionnels. Les demandes sont examinées principalement au regard de la rentabilité et de la faisabilité des investissements envisagés.
Cette activité bénéficie d’un mécanisme public de garantie qui couvre 60% du portefeuille de crédits de la filiale. Il permet de faciliter le financement de projets agricoles qui ne remplissent pas nécessairement les conditions habituelles d’accès aux prêts bancaires.
Les fonds accordés peuvent notamment financer l’achat de nouveaux palmiers, la réhabilitation des parcelles, l’acquisition d’équipements ou l’amélioration des installations hydrauliques. Ces prêts peuvent être associés aux subventions du Fonds de développement agricole, dont la contribution atteint 70% du prix d’achat des plants de palmiers dattiers répondant aux critères d’éligibilité.
Dans les palmeraies, la gestion de l’eau constitue également une priorité. Les difficultés climatiques auxquelles sont confrontées les régions oasiennes rendent nécessaire le développement de modes d’irrigation moins consommateurs en ressources. Le Crédit Agricole du Maroc accompagne ainsi les investissements dans les systèmes d’arrosage localisé, tout en soutenant l’installation d’équipements alimentés par l’énergie solaire en remplacement de certains dispositifs utilisant le diesel.
La banque prévoit par ailleurs des financements destinés à la mécanisation des travaux agricoles et à l’adoption de pratiques de production plus durables. Ces interventions s’inscrivent dans les orientations de Génération Green 2020-2030, qui vise notamment à améliorer les performances des exploitations et les revenus des agriculteurs.
Le poids de la phoeniciculture dans l’économie nationale explique l’importance de ces investissements. La filière dégage une valeur ajoutée supérieure à 3 milliards de dirhams et représente plus de 3,4 millions de journées de travail par an. Environ 2 millions de personnes dépendent, directement ou à travers des activités connexes, des revenus qu’elle procure.
Cette activité demeure fortement implantée dans le Drâa-Tafilalet, d’où proviennent 83% des dattes produites au Maroc. La région compte plus de 6,49 millions de palmiers sur une superficie proche de 56 000 hectares. Dans plusieurs territoires oasiens, les ventes de dattes peuvent représenter jusqu’à 60% des revenus agricoles des familles.
L’intervention de Tamwil El Fellah ne se limite pas à l’octroi de prêts. La filiale mène également des programmes de formation et de sensibilisation pour aider les exploitants à améliorer leurs méthodes de production. Elle fait état de plusieurs centaines de millions de dirhams engagés dans le financement de milliers de projets, principalement au bénéfice de petites structures agricoles et d’activités vivrières.
Le Crédit Agricole du Maroc intègre enfin les besoins privés des agriculteurs à son offre de services. À travers ses différentes structures, le Groupe entend maintenir son appui aux producteurs, mais aussi aux opérateurs intervenant dans le conditionnement, la transformation et la commercialisation des dattes, alors que la prochaine récolte nationale s’annonce en progression.



