Le secteur aéronautique marocain pourrait franchir le seuil des 5 milliards de dollars d’exportations annuelles à l’horizon 2029. Une prévision avancée par Mohammed Bellatig, président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS), alors que les ventes à l’étranger ont atteint 3 milliards de dollars en 2025.
En marge du Marrakech Air Show, le responsable professionnel a mis en avant l’arrivée de nouveaux fournisseurs et le développement d’activités industrielles à plus forte valeur ajoutée. Le Maroc accueille aujourd’hui environ 160 entreprises aéronautiques, qui emploient quelque 25 000 salariés. Parmi elles figurent des sous-traitants travaillant pour Airbus, Boeing et Safran.
La filière entend désormais élargir son champ d’intervention dans la chaîne de production aéronautique. Jusqu’ici largement tournée vers la fabrication de composants, elle ambitionne de maîtriser des opérations plus élaborées, notamment l’assemblage de moteurs et de trains d’atterrissage.
Selon Mohammed Bellatig, ces nouvelles activités devraient voir le jour dans un avenir proche et permettre aux industriels installés au Maroc de capter une part plus importante de la valeur générée par la construction aéronautique.
Cette orientation se traduit déjà par de nouveaux investissements. L’équipementier français Safran poursuit le renforcement de ses capacités industrielles dans le Royaume, avec des usines en construction pour la fabrication de trains d’atterrissage et de moteurs destinés aux avions Airbus.
Le développement des drones constitue un autre axe de diversification. Pour le président du GIMAS, les compétences accumulées par les entreprises marocaines dans les matériaux, l’ingénierie et l’assemblage peuvent servir de base à l’émergence d’une production nationale d’aéronefs sans pilote.
Cette activité a notamment fait l’objet d’un nouvel accord lors du Marrakech Air Show, organisé du 7 au 10 octobre. Le Maroc y a signé un protocole d’accord avec la société française Harmattan AI, spécialisée dans les technologies de défense, pour la fabrication de drones autonomes sur son territoire.
Les appareils concernés seront destinés à des missions de frappe à longue distance, avec une capacité annoncée pouvant atteindre 2 000 kilomètres. Le partenariat prévoit également que certaines technologies essentielles soient conçues et produites au Maroc.
Le pays avait déjà engagé plusieurs projets dans ce domaine au cours des dernières années, en accordant des autorisations à des initiatives portées par des entreprises marocaines ou associées à des investisseurs étrangers. Le fabricant turc Baykar, à l’origine du Bayraktar TB2, figure parmi les groupes concernés.
Entre l’extension des activités de Safran, l’arrivée de nouveaux équipementiers et les projets consacrés aux drones, les industriels marocains cherchent ainsi à renforcer leur présence dans les segments les plus techniques de l’aéronautique. Une évolution sur laquelle le GIMAS fonde ses prévisions de croissance des exportations à l’horizon 2029.



