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Le Maroc accélère dans le classement touristique mondial du WEF

Le Maroc accélère dans le classement touristique mondial du WEF
Le Maroc accélère dans le classement touristique mondial du WEF

Le Maroc avance rapidement dans le classement du World Economic Forum consacré aux conditions de développement du tourisme. Le Royaume gagne sept positions en deux ans et atteint le 70e rang mondial en 2026. Une remontée significative, qui laisse néanmoins apparaître un écart avec plusieurs destinations concurrentes d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Le score marocain s’établit désormais à 3,84 sur 7 dans le Travel & Tourism Development Index. Il progresse de 5,5 % depuis 2024, alors que l’amélioration moyenne des 110 économies étudiées ne dépasse pas 2,1 %. Sur la période courant depuis 2019, le Royaume gagne 3,9 % et une place dans le classement.

Le mouvement est donc plus marqué sur les deux dernières années. Il intervient toutefois dans un contexte où la progression est largement partagée. Le WEF constate que 92 % des économies couvertes ont amélioré leur résultat entre 2024 et 2026, contre environ 54 % durant la période précédente.

Cette évolution ne signifie pas que le Maroc occupe le 70e rang mondial en matière d’arrivées touristiques ou de recettes. L’indice évalue plutôt l’environnement dans lequel le secteur peut se développer. Il tient compte notamment des infrastructures, de la connectivité aérienne, du numérique, des compétences, de l’environnement économique, de l’ouverture internationale ainsi que des ressources culturelles et naturelles.

Dans ce classement, l’Égypte conserve la première place nord-africaine. Elle se situe au 63e rang mondial avec 3,97 points, sept positions devant le Maroc. La Tunisie arrive au 82e rang avec 3,62 points et l’Algérie au 89e avec 3,52.

La comparaison des évolutions donne cependant un avantage au Royaume. Aucun autre pays nord-africain couvert par l’étude ne progresse aussi rapidement entre 2024 et 2026. L’Algérie améliore son score de 3,6 % et l’Égypte de 2,1 %, tandis que la Tunisie recule de 0,2 %.

Les ressources culturelles figurent parmi les domaines où l’Afrique du Nord connaît une évolution particulièrement importante. Le score régional correspondant bondit de 18 % en deux ans. À l’échelle mondiale, seule l’Asie du Sud-Est enregistre une progression supérieure avec 26,5 %.

Le phénomène accompagne une évolution de la demande touristique. Patrimoine, gastronomie, musées, festivals, traditions et activités artistiques suscitent davantage d’intérêt. La demande numérique mondiale associée aux attractions culturelles et aux loisirs a ainsi augmenté d’environ 15 % depuis 2024.

La remontée marocaine apparaît plus contrastée lorsqu’elle est comparée aux économies les mieux positionnées de la région MENA. Les Émirats arabes unis sont 22es au niveau mondial. L’Arabie saoudite occupe la 29e position, le Qatar la 47e, Bahreïn la 55e et Oman la 62e. Le Maroc se situe également derrière l’Égypte, mais devant la Jordanie, classée 73e.

Une partie de cet écart se retrouve dans les infrastructures aériennes. Le Moyen-Orient obtient 5,02 points dans ce domaine, contre 3,83 pour l’Afrique du Nord. La différence est encore plus nette dans la maturité numérique, avec respectivement 5,75 et 4,47 points.

Le rapport de force s’inverse en matière de prix. L’Afrique du Nord affiche un score de 5,60 pour la compétitivité-prix, contre 4,41 au Moyen-Orient. Cet avantage intervient alors que le renchérissement des voyages devient un problème plus général. Le WEF constate une dégradation de la compétitivité-prix dans trois quarts des économies étudiées depuis 2024.

La région MENA progresse elle-même à un rythme soutenu. Son score moyen augmente de 2,5 % et atteint 3,98. Parmi les grandes régions couvertes, seule l’Asie-Pacifique fait mieux avec une hausse de 3,6 %.

Les premières places mondiales restent occupées par des destinations disposant d’écosystèmes touristiques très développés. Le Japon arrive en tête avec 5,27 points, juste devant les États-Unis à 5,23 et l’Espagne à 5,22. L’Australie et la France complètent les cinq premières positions.

Cette nouvelle édition paraît dans un contexte de forte reprise des voyages internationaux. Le monde a enregistré 1,5 milliard d’arrivées touristiques en 2025, soit une progression annuelle de 5 %. Ce volume dépasse également de 4,4 % celui observé en 2019.

Le poids économique du secteur a atteint 11.600 milliards de dollars, soit près de 10 % du PIB mondial. Quelque 366 millions d’emplois en dépendent, ce qui représente environ un emploi sur neuf.

Pour les destinations, la croissance des flux s’accompagne désormais de contraintes supplémentaires. Les coûts du transport, de l’hébergement, de l’énergie et du travail augmentent, tandis que les besoins en investissements et en compétences restent importants. Le développement touristique pose également la question de la pression exercée sur les infrastructures, les populations locales et les ressources naturelles.

Le classement 2026 place ainsi le Maroc dans une situation particulière. Sa progression de 5,5 % témoigne d’une amélioration beaucoup plus rapide que la moyenne mondiale et constitue la meilleure évolution d’Afrique du Nord. Mais avec une 70e place sur 110 économies, le Royaume dispose encore d’une marge importante avant de rejoindre les destinations les mieux classées de la région MENA.

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