Les conditions de protection des populations installées durablement dans les camps de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie, ont été soulevées devant le Conseil des droits de l’homme à Genève. L’ONG Promotion du développement économique et social a appelé à renforcer les dispositifs permettant de détecter les victimes potentielles de traite des personnes et de formes contemporaines d’esclavage.
Cette intervention a été portée vendredi par Aïcha Duihi lors de la 63e session du Conseil, dans le cadre du dialogue interactif avec la Rapporteuse spéciale chargée de ces questions.
La militante des droits de l’homme a placé les déplacements prolongés au centre de son intervention. Elle a établi un lien entre les risques d’exploitation et plusieurs situations de fragilité, parmi lesquelles la pauvreté, la marginalisation, les discriminations et les difficultés rencontrées pour accéder à la justice.
Cette problématique concerne particulièrement, selon elle, l’Afrique du Nord et l’espace sahélo-saharien. La persistance des déplacements et les mouvements migratoires peuvent y favoriser une dépendance économique, limiter la liberté de circulation ou encore compliquer l’accès aux services essentiels et aux dispositifs de protection.
Dans ce contexte, le PDES a porté une attention particulière aux femmes et aux enfants, présentés comme davantage exposés à ces facteurs de vulnérabilité.
Le cas des camps de Tindouf a été spécifiquement abordé devant le Conseil. Aïcha Duihi s’est interrogée sur les garanties permettant d’évaluer les risques de façon indépendante et de repérer d’éventuelles victimes lorsque l’accès direct aux populations et aux voies de recours peut rencontrer des contraintes institutionnelles.
L’organisation a également remis au centre du débat la question des mécanismes de plainte. Elle demande que les personnes vulnérables puissent accéder effectivement à des dispositifs de protection et à des recours, tout particulièrement dans les situations de déplacement qui perdurent.
Aïcha Duihi a rappelé à ce sujet une position antérieure du Comité des droits de l’homme concernant les camps de Tindouf. Celui-ci avait souligné l’importance d’assurer des recours effectifs aux personnes relevant de la juridiction de l’État.
Le PDES a finalement interpellé la Rapporteuse spéciale sur les moyens susceptibles d’être mobilisés dans le cadre de son mandat. L’ONG souhaite notamment favoriser un accès indépendant aux populations concernées et permettre une identification plus précoce des victimes potentielles.
Elle demande également que les mécanismes de plainte, de protection et de recours soient réellement accessibles aux populations confrontées à des déplacements prolongés, avec une vigilance particulière concernant les femmes et les enfants.



