La circulation massive de contenus sur les réseaux sociaux a joué un rôle important dans les récentes tentatives de passage vers Sebta et Mellilia. Dans un rapport consacré à ces événements, l’Organisation marocaine des Droits Humains pointe notamment la multiplication de comptes encourageant les départs et la propagation d’informations trompeuses auprès des candidats à la migration.
Vidéos, publications sur des sites d’information et messages diffusés via les applications de messagerie ont largement relayé les images de migrants parvenus à Sebta. Selon l’OMDH, cette exposition a contribué à renforcer l’attractivité du passage et à alimenter de nouvelles tentatives.
Une information présentée comme provenant d’une décision de la Cour suprême espagnole a également circulé. Elle laissait croire que les personnes arrivant en Espagne par voie maritime pourraient régulariser leur situation et échapper à un retour immédiat. L’organisation qualifie cette affirmation d’erronée.
Le phénomène ne peut toutefois pas être ramené à la seule influence des plateformes numériques. L’OMDH relève également des facteurs économiques, sociaux, psychologiques et culturels, auxquels s’ajoutent les aspirations de nombreux candidats à améliorer leurs conditions de vie.
Les autorités marocaines ont déjoué plusieurs tentatives de passage au cours de l’année. Des centaines de candidats à la migration ont également été éloignés des secteurs proches de Sebta, selon les éléments rapportés par l’organisation.
L’OMDH replace ces événements dans un environnement migratoire méditerranéen devenu plus restrictif. Elle estime que les politiques européennes réduisent les possibilités d’immigration régulière tout en renforçant la surveillance des frontières et les pressions exercées sur les pays situés au sud de la Méditerranée et sur la façade atlantique.
Le rapport met également en cause la réponse européenne sur plusieurs aspects. L’organisation estime que les États concernés doivent respecter leurs obligations internationales en matière de droits humains aux frontières et développer davantage de voies permettant une migration régulière, sûre et ordonnée.
Une attention particulière est demandée pour les mineurs non accompagnés. L’OMDH préconise une prise en charge immédiate comprenant l’accès aux soins ainsi qu’un accompagnement psychologique et social.
La prévention constitue un autre volet important des recommandations. Face au rôle joué par les fausses informations, l’organisation appelle à diffuser auprès des jeunes des données claires sur les réalités juridiques et les risques liés aux passages irréguliers.
Elle préconise également de développer l’éducation numérique afin de mieux armer les jeunes face aux contenus trompeurs. Les médias, la société civile et les acteurs du numérique sont appelés à participer à cet effort.
Sur le terrain, l’OMDH réclame des dispositifs capables d’intervenir rapidement en cas de danger. Elle demande notamment le renforcement des capacités de sauvetage et de secours à proximité des zones où se produisent les tentatives de passage.
L’organisation plaide enfin pour une coopération renforcée entre le Maroc et l’Espagne. Elle considère que la réponse aux mouvements migratoires ne peut reposer exclusivement sur le contrôle des frontières et doit également s’attaquer aux facteurs économiques et sociaux qui alimentent les départs.



