Le marché du travail marocain a enregistré une amélioration au deuxième trimestre 2026. Le nombre de personnes disposant d’un emploi contre revenu a augmenté de 279 000 par rapport aux trois premiers mois de l’année, tandis que le chômage strict a reculé.
Ces résultats proviennent de la nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre du Haut-Commissariat au Plan. Celle-ci repose sur un échantillon annuel porté de 90 000 à 135 000 ménages. Elle exclut désormais de l’emploi les activités principalement destinées à l’autoconsommation et réserve le chômage strict aux personnes sans emploi, disponibles et engagées dans une recherche active.
Le volume de l’emploi contre revenu a atteint 10,643 millions de personnes à fin juin. La progression trimestrielle s’est répartie entre 187 000 postes supplémentaires en milieu urbain et 92 000 en milieu rural.
Le taux d’emploi contre revenu est passé de 37,3% à 38,2% au niveau national. Il s’est établi à 36,3% dans les villes et à 41,6% dans les campagnes.
Les services ont porté l’essentiel de cette dynamique. Avec 5,251 millions d’actifs, ils concentrent près de la moitié de l’emploi rémunéré. Le secteur a gagné 166 000 postes en un trimestre.
L’industrie a créé 47 000 emplois, devant les bâtiments et travaux publics avec 42 000 postes. L’agriculture, la sylviculture et la pêche ont enregistré une hausse plus limitée de 28 000 emplois.
Le nombre de chômeurs au sens strict est revenu à 1,121 million, soit 132 000 personnes de moins qu’au premier trimestre. Le taux national a reculé de 10,8% à 9,5%.
La baisse est plus marquée dans les villes, où le chômage strict est passé de 13,5% à 11,9%. En milieu rural, il s’est replié de 6,1% à 5,4%.
Cette évolution favorable ne profite pas de la même manière à toutes les catégories. Les femmes restent nettement plus touchées, avec un taux de chômage strict de 14,8%, contre 8,1% pour les hommes.
La participation féminine au marché du travail demeure particulièrement faible. Seules 18,1% des femmes en âge de travailler font partie de la main-d’œuvre, contre 66,5% des hommes. Leur taux d’emploi rémunéré atteint 15,4%, loin des 61,1% observés chez les hommes.
Les jeunes restent eux aussi en première ligne. Le chômage strict concerne 27,2% des 15 à 24 ans, malgré un recul de deux points en trois mois. Chez les 25 à 34 ans, il atteint encore 14,5%.
Le niveau de diplôme ne protège pas systématiquement contre l’absence d’emploi. Le chômage strict s’élève à 16,7% chez les titulaires d’un diplôme avancé et à 16% parmi ceux qui possèdent un diplôme intermédiaire. Il descend à 3,8% chez les personnes sans diplôme.
Le HCP élargit par ailleurs son analyse au-delà du seul chômage. Son nouvel indicateur composite regroupe les chômeurs stricts, les personnes en sous-emploi lié au temps de travail et la main-d’œuvre potentielle.
Ce taux de sous-utilisation de la main-d’œuvre a reculé de 22,5% à 18,9% entre les deux premiers trimestres de 2026. Il demeure toutefois très élevé chez les jeunes, à 41,7%, et chez les femmes, à 26,7%.
Le sous-emploi lié à la durée du travail concerne 527 000 personnes. La main-d’œuvre potentielle regroupe 711 000 personnes qui ne remplissent pas toutes les conditions du chômage strict, mais restent proches du marché du travail.
Les écarts territoriaux restent importants. Dakhla-Oued Ed-Dahab affiche le taux de participation le plus élevé du pays, à 59,2%. Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Casablanca-Settat suivent avec respectivement 46,8% et 46,7%.
À l’inverse, le taux combinant chômage strict et main-d’œuvre potentielle atteint 26,2% à Laâyoune-Sakia El Hamra, 24,9% à Guelmim-Oued Noun et 20,1% dans l’Oriental.



