La Confédération marocaine des exportateurs veut accélérer l’arrivée de nouvelles entreprises sur les marchés internationaux. Réuni le 14 juillet à Casablanca, son premier Conseil d’administration sous la présidence de Sonia Mezzour a adopté la feuille de route de la mandature 2026-2029. L’organisation entend concentrer son action sur les PME régionales et les entreprises qui s’engagent pour la première fois dans l’export.
Cette orientation doit contribuer à l’objectif national de 10 000 entreprises exportatrices actives à l’horizon 2030. Pour l’ASMEX, l’enjeu ne se limite plus à soutenir les opérateurs déjà présents à l’international. Il s’agit désormais d’élargir durablement le tissu exportateur marocain et de mieux accompagner les sociétés qui disposent d’un potentiel encore inexploité.
La nouvelle gouvernance veut faire de la Confédération un point de convergence entre les entreprises, l’administration et les institutions qui interviennent dans le commerce extérieur. Son rôle portera notamment sur la défense des intérêts des exportateurs, la résolution des difficultés rencontrées sur le terrain et l’accès à une meilleure connaissance des marchés.
Trois priorités structureront cette action. La première concerne la simplification des démarches, avec une place accrue accordée à la digitalisation. La deuxième vise à améliorer l’accès aux financements, aux garanties et aux dispositifs de couverture des risques. La troisième repose sur la conquête commerciale, grâce aux données, à l’intelligence économique et aux outils numériques.
Cette feuille de route intervient alors que le commerce mondial connaît de profondes recompositions. Les tensions géopolitiques, les nouvelles exigences réglementaires, la transformation des chaînes de valeur et la transition bas carbone imposent aux entreprises exportatrices de revoir leurs méthodes et leurs marchés.
L’ASMEX estime que le Maroc dispose de plusieurs avantages pour renforcer sa présence internationale. Le Royaume s’appuie sur des infrastructures performantes, un large réseau d’accords commerciaux, une position géographique stratégique, des filières industrielles développées et un ancrage solide en Afrique.
Dans le prolongement de la Vision de S.M le Roi Mohammed 6, l’organisation veut transformer ces atouts en débouchés concrets pour les entreprises marocaines. Une attention particulière sera accordée aux régions, où de nombreuses PME restent encore éloignées des dispositifs d’accompagnement à l’export.
Le Conseil d’administration a également approuvé la création de commissions consacrées au financement, à la logistique, aux normes, à la décarbonation, au numérique, aux marchés internationaux et à la compétitivité des filières. Ces structures devront faire remonter les préoccupations des entreprises et proposer des réponses opérationnelles.
De nouveaux espaces de rencontre seront lancés pour favoriser les échanges entre exportateurs. L’ASMEX prévoit notamment des rendez-vous réguliers consacrés aux marchés, aux secteurs et au partage d’expérience entre dirigeants.
La première année de la mandature sera consacrée à l’installation de cette organisation. La Confédération compte identifier un premier vivier de PME exportatrices potentielles, lancer des outils d’intelligence économique et renforcer ses échanges avec les pouvoirs publics, les institutions et les acteurs du financement.
Pour Sonia Mezzour, la prochaine étape consiste à convertir les acquis économiques du Maroc en une progression durable du nombre d’exportateurs. L’ASMEX veut ainsi faire de l’ouverture internationale un levier plus largement partagé de croissance, d’emploi et de création de valeur.



