Accueil Maroc Au Maroc, huit régions avancent plus vite que toutes les autres

Au Maroc, huit régions avancent plus vite que toutes les autres

Au Maroc, huit régions avancent plus vite que toutes les autres
Au Maroc, huit régions avancent plus vite que toutes les autres

Les régions marocaines n’ont pas avancé au même rythme en 2024. Alors que huit d’entre elles ont dépassé la croissance nationale de 4,4 pour cent, l’essentiel de la richesse et de la consommation demeure concentré dans un nombre limité de territoires. Les comptes régionaux du Haut-Commissariat au Plan montrent ainsi une économie plus dynamique, sans réduction des écarts géographiques.

Laâyoune-Sakia El Hamra a affiché la progression la plus élevée avec 7,6 pour cent. Dakhla-Oued Eddahab suit avec 7 pour cent, devant Souss-Massa à 6,8 pour cent et Drâa-Tafilalet à 6,2 pour cent. L’Oriental a enregistré une hausse de 5,9 pour cent, Marrakech-Safi de 5,1 pour cent, Tanger-Tétouan-Al Hoceima de 4,9 pour cent et Guelmim-Oued Noun de 4,6 pour cent.

Ces performances reposent sur des moteurs différents selon les territoires. La pêche maritime et les services non marchands ont soutenu Laâyoune-Sakia El Hamra, tandis que Dakhla-Oued Eddahab a bénéficié de l’activité halieutique et du bâtiment. Souss-Massa a profité de l’agriculture et des services, alors que la construction a porté Drâa-Tafilalet.

L’Oriental a retrouvé une dynamique grâce à l’industrie et aux services. À Marrakech-Safi, l’hébergement et la restauration ont contribué à l’accélération de l’activité. Tanger-Tétouan-Al Hoceima s’est appuyée sur les industries manufacturières et les services, tandis que les activités primaires et tertiaires ont soutenu Guelmim-Oued Noun.

Les autres régions ont également progressé, mais moins rapidement que l’ensemble du pays. Casablanca-Settat a enregistré une croissance de 4,3 pour cent, Rabat-Salé-Kénitra de 3,5 pour cent et Béni Mellal-Khénifra de 2,1 pour cent. Fès-Meknès a connu la hausse la plus faible avec 1,6 pour cent.

Cette géographie de la croissance ne modifie pas encore la hiérarchie économique du Royaume. Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima ont produit ensemble 58,4 pour cent du PIB national en 2024.

Casablanca-Settat conserve une place dominante avec 32,3 pour cent de la richesse créée. Rabat-Salé-Kénitra représente 15,5 pour cent du PIB et Tanger-Tétouan-Al Hoceima 10,7 pour cent. Leur poids repose notamment sur l’industrie, le commerce, les services et la présence d’infrastructures majeures.

Cinq autres régions totalisent 33,8 pour cent du PIB. Marrakech-Safi en représente 8,7 pour cent, devant Fès-Meknès à 8,2 pour cent et Souss-Massa à 6,6 pour cent. Béni Mellal-Khénifra et l’Oriental pèsent respectivement 5,3 et 5,1 pour cent.

Drâa-Tafilalet, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab réunissent les 7,8 pour cent restants. Plusieurs de ces régions figurent pourtant parmi les plus rapides en matière de croissance, illustrant l’écart entre rythme d’expansion et poids dans l’économie nationale.

Les différences entre territoires se sont légèrement creusées. L’écart absolu moyen entre le PIB des régions et le PIB régional moyen est passé de 83,6 milliards de dirhams en 2023 à 90,9 milliards en 2024.

La consommation des ménages reproduit la même concentration. Sur un total national de 944,1 milliards de dirhams, cinq régions ont regroupé 74,4 pour cent des dépenses de consommation finale.

Casablanca-Settat arrive largement en tête avec 25,3 pour cent, suivie de Rabat-Salé-Kénitra à 14,8 pour cent. Tanger-Tétouan-Al Hoceima concentre 11,6 pour cent, Fès-Meknès 11,4 pour cent et Marrakech-Safi 11,3 pour cent.

Toutes les autres régions se partagent 25,6 pour cent de la consommation nationale. Leur contribution varie de 0,8 pour cent à Dakhla-Oued Eddahab à 7,2 pour cent à Souss-Massa.

Les écarts se renforcent également sur ce terrain. La différence absolue moyenne entre les dépenses régionales et leur moyenne nationale a atteint 51,5 milliards de dirhams en 2024, contre 48,5 milliards un an auparavant.

Rapportées à la population, les dépenses de consommation se sont établies à 25 664 dirhams par habitant. Dakhla-Oued Eddahab occupe la première place avec 34 515 dirhams, devant Casablanca-Settat avec 31 173 dirhams.

L’Oriental, Rabat-Salé-Kénitra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Laâyoune-Sakia El Hamra dépassent également la moyenne nationale. La dispersion des dépenses par habitant a elle aussi augmenté, l’écart absolu moyen passant de 3 423 à 3 609 dirhams entre 2023 et 2024.

L’économie marocaine a atteint un PIB en volume de 1 550,45 milliards de dirhams en 2024. Aux prix courants, la richesse créée s’est élevée à 1 614,57 milliards, en progression de 8,7 pour cent sur un an. Derrière cette hausse, les comptes régionaux confirment toutefois une réalité persistante. Les territoires qui progressent le plus vite ne sont pas toujours ceux qui concentrent la richesse et la consommation.

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