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Orange Maroc soutient une avancée marocaine en téléchirurgie robotique

Orange Maroc soutient une avancée marocaine en téléchirurgie robotique
Orange Maroc soutient une avancée marocaine en téléchirurgie robotique

Casablanca et la Belgique ont été reliées par une opération de téléchirurgie robotique présentée par ses initiateurs comme une première mondiale entre deux continents. Oncorad Group, ORSI Academy et Orange Maroc ont associé leurs expertises pour réaliser deux interventions à distance, avec des chirurgiens opérant depuis un continent sur des patients situés sur l’autre.

Le dispositif a connecté la Littoral Clinic Aïn Diab, à Casablanca, et ORSI Academy, en Belgique. Le Pr Youness Ahallal, professeur de chirurgie robotique à ORSI Academy et chirurgien urologue au sein d’Oncorad Group, est intervenu depuis la Belgique sur un patient installé à Casablanca. Dans le même temps, un chirurgien basé au Maroc a piloté un robot chirurgical en Belgique.

Cette double intervention repose sur une exigence technique majeure, celle d’une connexion capable de transmettre les gestes chirurgicaux sans délai perceptible. Dans ce type d’acte, la moindre latence peut modifier la précision du geste. Le réseau devait donc assurer, en continu, la circulation des commandes du chirurgien, des images 3D en haute définition et du retour haptique, qui permet de ressentir la résistance des tissus.

Orange Maroc a mobilisé une infrastructure dédiée pour sécuriser cette transmission. L’opérateur a utilisé un réseau 5G Standalone et réservé une tranche privée aux flux liés à l’intervention. Ce choix permettait d’isoler les données chirurgicales du trafic internet classique et de leur accorder une priorité totale.

La performance ne tenait pas seulement au débit. Elle reposait aussi sur le traitement des données au plus près des sites opératoires. Des capacités d’edge computing ont été mobilisées afin de réduire les délais de transmission et de limiter le passage par des centres de données plus éloignés.

La sécurité faisait partie du cœur du dispositif. Les données médicales ont circulé sur des réseaux privés chiffrés, avec deux routes de communication distinctes. En cas de défaillance d’un lien, le basculement vers la voie de secours devait permettre de maintenir la continuité de l’opération. Sur chaque site, une équipe chirurgicale était présente auprès du patient et pouvait reprendre la main à tout moment.

Le système utilisé repose sur une architecture dite maître esclave. Le chirurgien travaille depuis une console équipée d’écrans 3D, tandis que les bras robotiques reproduisent ses mouvements en salle d’opération. Cette configuration transforme la qualité du réseau en élément médical à part entière. La connexion devient une composante du geste chirurgical.

Pour Oncorad Group, cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large autour de la chirurgie robotique. Le groupe marocain avait déjà engagé le déploiement de cette technologie dans ses établissements et entend désormais structurer un écosystème de compétences autour de la formation, de la simulation et de l’échange scientifique.

Le partenariat signé avec ORSI Academy doit accompagner cette montée en compétence. Il prévoit des programmes destinés aux médecins africains, avec des modules de simulation, du mentorat et des échanges entre praticiens. L’objectif est de faire émerger une expertise régionale en chirurgie robotique, au-delà de l’achat de plateformes technologiques.

Cette avancée intervient dans un contexte mondial où la téléchirurgie suscite un intérêt croissant. La concentration des équipements et des compétences dans certains pays limite encore l’accès à ces techniques pour de nombreux patients. Les interventions à distance pourraient, à terme, contribuer à rapprocher l’expertise médicale de zones moins bien dotées, à condition de disposer de réseaux fiables, d’équipes formées et de protocoles de sécurité stricts.

L’expérience menée entre Casablanca et la Belgique ne règle pas à elle seule les défis d’accès aux soins spécialisés. Elle montre toutefois que la combinaison entre chirurgie robotique, connectivité avancée et formation médicale peut ouvrir une nouvelle étape pour les systèmes de santé, notamment en Afrique. Le Maroc se positionne ainsi dans un domaine où la technologie ne vaut que si elle s’accompagne d’un cadre clinique solide et d’une montée en compétence durable.

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