Kénitra accueille depuis ce mercredi la 8e édition du Salon de la Compétitivité Industrielle Automobile, un rendez-vous qui entend refléter la nouvelle étape franchie par la filière automobile marocaine. Organisé par l’Association Marocaine pour l’Industrie et la Construction Automobile, sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, le salon se tient jusqu’au 26 juin 2026.
L’édition 2026 réunit plus de 200 exposants venus de douze pays. Elle couvre l’ensemble de la chaîne de valeur automobile, des services d’ingénierie aux équipementiers, en passant par la logistique, les machines spéciales, la certification, le recyclage, les startups et les centres de formation. Les pays représentés sont le Maroc, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, la Belgique, la Chine, l’Espagne, la France, l’Italie, le Portugal, la Roumanie, le Sri Lanka et la Tunisie.
Le salon change aussi de nom et de cap. Après avoir porté pendant sept éditions l’appellation Salon de la Sous-Traitance Automobile, il devient le Salon de la Compétitivité Industrielle Automobile. Ce repositionnement traduit l’évolution d’une filière qui ne veut plus seulement répondre aux besoins des donneurs d’ordre, mais renforcer sa capacité à produire localement, intégrer davantage de composants, innover et exporter à plus forte valeur ajoutée.
Cette ambition s’appuie sur une base industrielle désormais solide. Le secteur automobile compte plus de 260 équipementiers, trois constructeurs installés au Maroc et plus de 280.000 emplois directs et indirects. Le taux d’intégration locale atteint 69 %, la capacité de production nationale s’élève à un million de véhicules par an et les exportations automobiles dépassent 15 milliards d’euros.
Le choix de Kénitra n’est pas neutre. La ville s’est imposée comme l’un des pôles automobiles les plus dynamiques du Royaume, portée notamment par l’Atlantic Free Zone et par la présence d’unités industrielles de premier plan. Pour les organisateurs, installer le salon dans ce territoire permet de rapprocher les exposants, les sous-traitants et les donneurs d’ordre des sites de production.
La transition vers le véhicule électrique constitue l’un des axes majeurs de cette édition. Le programme prévoit des panels sur l’intégration locale, le financement, l’énergie verte, la décarbonation industrielle, l’économie circulaire, la fabrication durable, le Made in Morocco automobile et les compétences industrielles. Ces thèmes reflètent les priorités d’une filière appelée à s’adapter aux mutations rapides du marché mondial.
Pour Badr Lahmoudi, président du Salon de la Compétitivité Industrielle Automobile, l’installation à Kénitra donne au salon une logique de territoire. Il estime que le passage de la sous-traitance à la compétitivité doit permettre aux opérateurs marocains de monter en gamme, d’intégrer localement jusqu’à 65 % de composants et de répondre aux nouveaux besoins des donneurs d’ordre.
Rachid Machou, président de l’AMICA, voit dans cette édition un levier pour renforcer la compétitivité industrielle nationale. Il met l’accent sur le développement de la sous-traitance locale, l’intégration des fournisseurs de premier et de deuxième rang et le transfert de technologies entre partenaires internationaux et opérateurs marocains.
Le salon affiche également des objectifs d’affaires. Les besoins identifiés dépassent un milliard de dirhams, notamment dans la logistique, les outillages spécialisés, la maintenance industrielle et les emballages. La précédente édition, organisée en 2023 à Tanger sous l’appellation SSAT, avait réuni plus de 200 exposants et près de 5.000 professionnels, avec plus de 500 contacts d’affaires qualifiés.
Au-delà des stands et des rencontres professionnelles, le SCIA 2026 met en lumière un enjeu plus large. L’automobile est devenue le premier secteur exportateur du Royaume et l’un des piliers de l’industrie nationale. À Kénitra, la filière cherche désormais à montrer qu’elle peut franchir une nouvelle étape, celle d’une compétitivité fondée sur l’intégration locale, l’innovation, la transition énergétique et les talents.



