Rabat accueille désormais le siège des Capitales africaines de la Culture, donnant une adresse permanente à un programme appelé à structurer davantage la coopération culturelle entre les villes du continent. L’inauguration s’est tenue jeudi dans la capitale, en présence de responsables culturels, de diplomates et de représentants africains.
Cette installation renforce le positionnement du Maroc dans la diplomatie culturelle africaine. Sous l’impulsion de S.M. le Roi Mohammed VI, le Royaume place la coopération continentale parmi les axes de son action extérieure, avec une attention particulière portée aux liens humains, historiques et culturels entre pays africains.
Le siège des Capitales africaines de la Culture aura une fonction opérationnelle. Il accueillera les réunions des instances du programme, accompagnera les futures villes hôtes et favorisera la mise en réseau des collectivités territoriales, des artistes, des chercheurs, des opérateurs culturels et des institutions africaines. L’objectif est de faire circuler les projets, les compétences et les expériences à l’échelle du continent.
Dans une allocution lue en son nom, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a mis en avant la diversité culturelle et linguistique de l’Afrique. Il a aussi pointé un enjeu central pour le continent, celui de transformer cette richesse en levier de développement, au lieu de voir ses créateurs et ses talents alimenter principalement des industries culturelles venues d’ailleurs.
Le programme des Capitales africaines de la Culture s’inscrit dans cette ambition. Il vise à promouvoir la culture comme pilier du développement durable, à renforcer les industries culturelles et créatives, à soutenir la mobilité des artistes et à valoriser les patrimoines matériels et immatériels africains. Il contribue également à la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Pour Adama Traoré, président du Comité des Capitales africaines de la Culture, l’installation à Rabat prolonge une aventure panafricaine née à Marrakech en 2018, lors du Sommet Africités. Il a présenté le nouveau siège comme une maison commune, appelée à devenir un lieu de dialogue, de réflexion et de coopération entre villes africaines.
Rabat occupe une place particulière dans cette trajectoire. La capitale marocaine avait accueilli l’édition fondatrice du programme en 2022. La prochaine grande étape est prévue en 2028 au Cabo Verde, avec Praia comme ville hôte, dans une ouverture vers une géographie africaine atlantique, créole et diasporique.
Au-delà du symbole, l’installation du siège à Rabat traduit une idée simple. La culture n’est plus seulement un champ de représentation ou de patrimoine. Elle devient un enjeu de développement, de souveraineté, d’emploi, de création et d’influence. Pour les villes africaines, elle peut aussi devenir un outil de transformation urbaine et de coopération.
En donnant une base permanente aux Capitales africaines de la Culture, Rabat s’inscrit dans une dynamique où les villes prennent une place croissante dans la construction culturelle du continent. Le Maroc y gagne un rôle de plateforme, au service d’un espace africain plus connecté, plus créatif et plus capable de valoriser ses propres récits.



