Renault Group place l’Inde au cœur de sa prochaine phase de développement international. En déplacement dans le pays durant une semaine, François Provost, directeur général du groupe, a présenté mercredi futuREady India, la déclinaison locale du plan stratégique dévoilé en mars dernier.
Le constructeur français entend faire de l’Inde l’un des trois premiers marchés mondiaux de la marque Renault d’ici 2030. Pour y parvenir, il prépare la plus vaste offensive produits de son histoire dans le pays avec une gamme portée de quatre à sept modèles au cours des prochaines années.
Cette future offre couvrira plusieurs segments, des citadines aux SUV, avec des motorisations thermiques, hybrides et électriques. Renault mise sur deux nouvelles plateformes développées pour le marché indien, RGEP et RGMP small, afin de proposer des véhicules adaptés aux attentes locales.
Parmi les modèles attendus figure le nouveau Renault Duster, présenté en début d’année et déjà bien accueilli par les clients indiens. Le groupe a également levé le voile sur le Bridger Concept, un SUV compact du segment B qui préfigure un futur modèle multi-énergie, y compris en version électrique.
Renault veut aussi monter en gamme en Inde. Le constructeur promet davantage de technologies embarquées, une expérience client renforcée et une garantie portée à sept ans dans le cadre de son programme Renault Forever.
Au-delà du marché automobile, le groupe voit dans l’Inde un pilier de son organisation mondiale. Renault emploie déjà 15 000 personnes dans le pays, dont 6 000 ingénieurs installés à Chennai. Ce centre technique intervient sur l’architecture des véhicules, les logiciels, la simulation et le suivi des modèles tout au long de leur cycle de vie.
Le site indien est appelé à jouer un rôle plus large dans les années à venir. Renault prévoit d’y développer des plateformes, des architectures et des technologies destinées aussi bien au marché local qu’à d’autres régions du monde.
Sur le plan industriel, le constructeur détient désormais la totalité de son usine de Chennai. Cette prise de contrôle doit lui permettre de renforcer la production locale, de mieux intégrer ses fournisseurs et d’améliorer l’efficacité de sa chaîne logistique.
L’Inde doit aussi devenir un centre d’exportation majeur pour Renault, notamment vers l’Amérique du Sud. Le groupe vise 2 milliards d’euros d’exportations annuelles d’ici 2030 grâce aux véhicules, aux composants et aux activités de recherche et développement.
Pour Renault, l’Inde représente désormais bien plus qu’un marché en croissance. Le pays s’impose comme un levier stratégique pour soutenir sa compétitivité mondiale au cours de la prochaine décennie.



