Les stocks de gasoil dans le hub pétrolier Amsterdam Rotterdam Anvers ont progressé de 4,2 pour cent sur une semaine pour atteindre 2,23 millions de tonnes, un niveau inédit depuis novembre. Cette hausse s’explique par des arrivages accrus en provenance des États Unis et du Moyen Orient, dans un contexte de prix élevés susceptibles de freiner la consommation.
Pour le Maroc, fortement dépendant des importations de produits raffinés, ces évolutions constituent un signal à surveiller. La zone ARA représente un baromètre central des flux pétroliers européens et influe indirectement sur les conditions d’approvisionnement du Royaume, notamment en gasoil et en carburéacteur.
Les stocks de jet fuel et de kérosène ont, à l’inverse, reculé de 12,5 pour cent à 836 000 tonnes, leur plus bas niveau depuis juillet dernier. Or, le Maroc figure parmi les destinations des cargaisons sortantes de jet fuel depuis la zone ARA. Cette contraction des volumes disponibles pourrait peser sur les flux à destination des marchés importateurs, dont le marché marocain.
L’essence affiche une légère progression à 1,32 million de tonnes, tandis que le naphta recule de près de 5 pour cent sous l’effet d’une demande accrue du secteur pétrochimique et d’exportations vers les États Unis. Ces ajustements illustrent la sensibilité des équilibres régionaux entre offre et demande.
Dans ce contexte, l’évolution des stocks européens demeure un indicateur stratégique pour le Maroc. Une hausse des volumes de gasoil peut contribuer à sécuriser l’offre à court terme, mais la volatilité des prix et la dynamique des exportations vers d’autres régions restent des facteurs déterminants pour les coûts d’importation et, in fine, pour le marché intérieur.



