Réuni mercredi à New York, le Conseil de sécurité des Nations Unies a été informé de l’évolution de la situation politique en République centrafricaine au lendemain des élections générales du 28 décembre 2025. À la demande de la présidence britannique du Conseil pour le mois de février, l’ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, est intervenu en sa qualité de président de la Commission de consolidation de la paix et de la Configuration République centrafricaine.
Devant les membres du Conseil, il a relevé les progrès enregistrés ces dernières années en matière de paix, de sécurité et de stabilité. Selon lui, ces avancées ouvrent la voie à un élargissement de l’engagement international et à l’exploration de nouvelles perspectives socio-économiques, tout en appelant les autorités centrafricaines à préserver les acquis obtenus au prix d’efforts soutenus.
Omar Hilale a salué la tenue pacifique, libre et transparente des scrutins présidentiel, législatif, régional et municipal organisés fin décembre. Au nom de la Commission de consolidation de la paix, il a adressé ses félicitations au président Faustin Archange Touadéra pour sa réélection, soulignant l’engagement du gouvernement en faveur de la continuité institutionnelle et du processus démocratique.
L’ambassadeur a toutefois rappelé que la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation signé en 2019 demeure une priorité. Des avancées notables ont été enregistrées, mais la situation sécuritaire reste marquée par des défis persistants.
Il a identifié quatre axes d’action jugés déterminants. La poursuite de la réforme du secteur de la sécurité et l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire figurent en tête. Vient ensuite la consolidation du processus de désarmement, démobilisation et réintégration, qui a déjà permis la démobilisation de treize des quatorze groupes armés. Le renforcement de la justice et de l’État de droit, notamment à travers l’appui à la Cour pénale spéciale et aux mécanismes de justice transitionnelle, constitue un autre pilier. Enfin, il a insisté sur la nécessité de renforcer le lien entre stabilisation et développement inclusif.
Évoquant le Plan national de développement 2024 2028 de la République centrafricaine, Omar Hilale a rappelé que le Royaume du Maroc a accueilli à Casablanca, les 14 et 15 septembre 2025, la Table ronde des partenaires à la demande du gouvernement centrafricain. Cette conférence a permis de mobiliser près de 9 milliards de dollars destinés au financement de projets structurants, considérés comme essentiels pour la relance du pays.
Il a appelé les partenaires à accompagner la concrétisation de ces engagements, afin de relancer l’investissement public, reconstruire les infrastructures de base et soutenir une croissance plus inclusive. Dans le même esprit, il a mis en avant le Fonds Emai, lancé par les autorités centrafricaines en marge de la rencontre de Casablanca, invitant les États membres et les partenaires à y contribuer.
Omar Hilale a également souligné le rôle central de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine. Au-delà de son mandat de maintien de la paix, la MINUSCA demeure, selon lui, un acteur clé du processus de stabilisation et de développement.
La séance a été marquée par la présentation du rapport du Secrétaire général des Nations Unies par sa représentante spéciale et cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza.



