Le nom circulait depuis quelques heures dans les couloirs du Quai d’Orsay. Il est désormais officiel. Anne-Claire Legendre a été élue à la présidence de l’Institut du monde arabe ce 17 février 2026, sur proposition du ministre français des Affaires étrangères. Elle succède à Jack Lang, qui avait présenté sa démission dix jours auparavant après treize années à la tête de l’institution.
Le vote du conseil d’administration intervient à un moment sensible pour l’établissement parisien, alors que l’IMA s’apprête à célébrer son quarantième anniversaire. La diplomatie française attend de cette nouvelle présidence une réorganisation en profondeur, avec une gouvernance modernisée, une structure plus lisible et un redressement financier durable. L’objectif affiché est de consolider le rôle de l’Institut comme plateforme de dialogue culturel et outil de rayonnement.
À 46 ans, Anne-Claire Legendre affiche un parcours étroitement lié aux dossiers du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. De décembre 2023 à février 2026, elle conseillait le président de la République française sur ces régions stratégiques. Auparavant, elle avait occupé plusieurs postes au sein du ministère des Affaires étrangères, alternant responsabilités de terrain et fonctions centrales.
Sa carrière débute au Yémen en 2005. Elle rejoint ensuite l’administration centrale où elle travaille sur la coopération consulaire européenne puis sur les relations franco-algériennes. Entre 2010 et 2013, elle représente la France à la mission permanente auprès des Nations unies à New York, suivant notamment les dossiers du Moyen-Orient au Conseil de sécurité.
Elle intègre par la suite le cabinet de Laurent Fabius comme conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient, avant d’être nommée consule générale de France à New York en 2016. En 2020, elle devient ambassadrice au Koweït. L’année suivante, elle est rappelée à Paris pour prendre la direction de la communication du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et en assurer le porte-parolat.
Son arrivée à la tête de l’IMA marque une transition. Elle devra conjuguer exigences diplomatiques, ambitions culturelles et contraintes budgétaires, dans une institution appelée à se réinventer sans perdre son rôle de passerelle entre la France et le monde arabe.



