Le titre Attijariwafa bank retrouve des couleurs auprès des analystes. M.S.IN a revu sa position et préconise désormais de renforcer l’exposition à la valeur, tout en ajustant son estimation à 787 dirhams, contre 823 dirhams auparavant. Cette révision intègre une décote de 12 pour cent liée à l’actualisation des hypothèses retenues.
Le changement de recommandation intervient alors que le secteur bancaire marocain sort progressivement d’une phase de tension. Les années 2022 et 2023 avaient été marquées par un durcissement des conditions monétaires dans un contexte d’inflation élevée. La détente observée en 2024 et 2025 a permis un redémarrage de l’activité, notamment sur le segment du financement.
Un nouvel élément vient toutefois peser sur les perspectives à court terme. Le conflit déclenché au Moyen-Orient a provoqué une hausse marquée des prix de l’énergie, ce qui pourrait raviver les pressions inflationnistes et conduire à un resserrement des taux d’intérêt.
À plus long terme, les projections demeurent orientées à la hausse. M.S.IN anticipe une progression annuelle moyenne de 4,4 pour cent du produit net bancaire consolidé et de 6,17 pour cent du résultat net part du groupe sur la période allant de 2026 à 2030. Cette évolution reposerait en grande partie sur la croissance des encours de crédits.
L’environnement domestique devrait continuer à soutenir cette dynamique. Les programmes d’investissement public, en particulier dans les infrastructures, sont appelés à stimuler la demande de financement. Parallèlement, une amélioration du coût du risque est attendue, portée par des conditions économiques jugées plus favorables.
Les revenus issus des activités de marché devraient retrouver un niveau plus stable, dans le sillage de l’assouplissement monétaire et du regain d’activité sur les marchés financiers. En interne, la banque mise sur une gestion rigoureuse de ses charges, soutenue par le développement du digital, afin de maintenir son coefficient d’exploitation autour de 36,5 pour cent.
La présence du groupe en Afrique reste un levier de développement important. Elle offre des perspectives de croissance supplémentaires, malgré des niveaux de risque plus élevés sur certains marchés et un cadre réglementaire en évolution.
La question du dividende reste également au cœur de l’analyse. Sur la décennie écoulée, Attijariwafa bank a distribué entre 11 et 22 dirhams par action, avec un taux de distribution moyen de 48,2 pour cent et un rendement de 2,8 pour cent. Pour les années à venir, les analystes s’attendent à un dividende moyen de 27,1 dirhams, soit un rendement estimé à 8,2 pour cent.
Dans ce contexte, et après le recul du titre lié aux tensions géopolitiques, M.S.IN estime que le positionnement actuel constitue une opportunité pour renforcer la valeur en portefeuille.



