À Dakar, le 8 avril, la conférence de presse du président de la Confédération africaine de football n’a pas seulement servi de point d’étape diplomatique. Elle a surtout mis en évidence les limites de la position sénégalaise dans le dossier brûlant de la finale de la CAN 2025
Organisée à 17h30 GMT, après une rencontre avec le président Bassirou Diomaye Faye et une visite de l’île de Gorée, la séquence réunissait autour de Patrice Motsepe le président de la Fédération sénégalaise Abdoulaye Fall et plusieurs responsables du football local. Mais très vite, le ton a glissé vers un échange plus tendu, porté par des questions répétées sur les décisions contestées lors de la finale.
Côté sénégalais, la ligne est claire. Insister, relancer, tenter d’obtenir une reconnaissance explicite d’un préjudice. Mais cette stratégie montre rapidement ses limites. En revenant à plusieurs reprises sur les mêmes points, sans attendre l’issue des procédures en cours, les intervenants donnent le sentiment d’un rapport de force mal calibré face à une instance qui maîtrise parfaitement ses réponses.
En face, Patrice Motsepe déroule une position sans variation. Il renvoie systématiquement au Tribunal arbitral du sport, refusant toute prise de parole qui pourrait être interprétée comme une influence. Cette constance met en difficulté la posture sénégalaise, qui semble chercher une réponse politique à un dossier verrouillé juridiquement.
Le décalage se renforce lorsqu’il évoque l’égalité entre les fédérations. Le message est posé sans détour. Aucun pays ne bénéficiera d’un traitement particulier. Dans ce contexte, l’attitude sénégalaise apparaît comme une tentative de peser au-delà du cadre réglementaire, au risque de s’isoler.
Même constat sur les soupçons de corruption ou les incidents évoqués en marge de la finale. Là où les questions sénégalaises suggèrent une attente de clarification publique, la CAF oppose une fin de non-recevoir médiatique, renvoyant soit à d’éventuelles enquêtes, soit aux canaux diplomatiques. Une réponse qui souligne, en creux, le manque de levier réel du Sénégal dans ce dossier.
Ce face-à-face révèle surtout une erreur d’appréciation. En cherchant à déplacer le débat sur le terrain médiatique, les acteurs sénégalais se heurtent à une institution qui refuse précisément ce terrain. La CAF impose son rythme, ses règles et son calendrier.
Le déplacement de Motsepe au Maroc est prévu dès le lendemain. À Rabat, une conférence de presse est annoncée à 17h00 heure locale aux côtés de Fouzi Lekja.



