Le conflit entre les avocats et le ministère de la Justice prend une nouvelle tournure. Réuni samedi à Rabat, le Bureau de l’Association des barreaux du Maroc a confirmé la prolongation de l’arrêt total du travail, face à l’absence de réponse du gouvernement à leurs revendications. Le rejet du projet de loi 23.66 reste au cœur de la mobilisation, que la profession entend porter à une échelle nationale.
Cette décision intervient après une première semaine de grève très suivie, entamée le 26 janvier. L’Association, qui fédère les ordres des avocats du Royaume, accuse le texte porté par le ministre Abdellatif Ouahbi d’ignorer les principes essentiels qui fondent l’exercice de leur métier. Elle réclame le retrait pur et simple du projet de loi, qu’elle considère incompatible avec les garanties d’indépendance et les droits de la défense.
Pour appuyer ses positions, la profession a prévu un sit-in massif devant le Parlement, programmé pour le 6 février, et une conférence de presse le 3 février, afin d’exposer publiquement sa lecture de la situation et les enjeux soulevés par la réforme. Dans l’attente, le boycott des plateformes numériques judiciaires se poursuit, tout comme la suspension des paiements électroniques des frais judiciaires.
L’Association entend également porter le débat devant le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, sollicitant son intervention pour préserver les droits des justiciables durant cette période de paralysie. Une marche nationale est annoncée pour le 6 février, signe que la profession n’envisage pas de relâcher la pression sans signal clair de l’exécutif.
Aucune date de reprise des activités n’a été fixée. Les avocats conditionnent tout retour au dialogue à une réponse officielle et substantielle du ministère de la Justice. En attendant, les juridictions tournent au ralenti, prises dans une crise institutionnelle qui s’enlise.




