Le projet d’expansion d’AirAsia X, dévoilé cette semaine, pourrait repositionner le Maroc sur la carte des liaisons aériennes intercontinentales low-cost. En annonçant l’ouverture d’un nouveau hub à Bahreïn, la compagnie malaisienne ambitionne d’étendre son réseau vers l’Afrique du Nord, avec le Royaume parmi les destinations envisagées.
Ce basculement stratégique intervient alors que les flux entre l’Asie du Sud-Est, le Moyen-Orient et l’Afrique connaissent une accélération, tirée par le tourisme, les échanges commerciaux et une nouvelle mobilité étudiante et professionnelle. En s’appuyant sur la capacité long-courrier de l’Airbus A321XLR, AirAsia X compte desservir des marchés jusqu’ici marginalisés par les grands hubs du Golfe.
« Depuis Bahreïn, vous pouvez rejoindre l’Afrique et l’Europe, avec une forte volonté de créer une connectivité inexistante jusqu’ici », a déclaré Tony Fernandes, PDG du groupe, en citant le Maroc comme l’un des futurs axes potentiels aux côtés de l’Égypte, du Kenya ou de la Tanzanie.
Dans un contexte où les États du Golfe cherchent à renforcer leur rôle de carrefour aérien, l’installation d’un hub d’AirAsia X à Bahreïn pourrait faire émerger de nouvelles routes secondaires à fort potentiel, hors des grandes lignes traditionnelles. Une desserte vers le Maroc s’inscrirait alors dans une logique de redéploiement Sud-Sud, reliant deux zones en forte croissance mais encore peu interconnectées directement.
Pour le Royaume, une liaison directe avec Kuala Lumpur – via Bahreïn – offrirait une ouverture inédite sur l’Asie du Sud-Est, tout en renforçant son positionnement comme pont entre l’Afrique et le reste du monde. Le Maroc, qui développe une diplomatie économique active en Asie, y trouverait un levier supplémentaire pour capter de nouveaux flux touristiques et économiques.
La stratégie d’AirAsia X s’inscrit également dans un recentrage du groupe sur l’aviation low-cost à l’échelle mondiale. Après avoir intégré l’ensemble de ses filiales régionales sous une même entité, la compagnie multiplie les tests grandeur nature, à l’image de la liaison Kuala Lumpur–Istanbul, déjà en passe d’être doublée.
Fernandes assure que son modèle n’a pas vocation à concurrencer directement les transporteurs du Golfe, mais à capter un marché encore peu exploité : celui des voyageurs à budget modéré, en particulier en Asie, à la recherche de nouvelles destinations. Le Maroc pourrait en devenir l’un des principaux points d’entrée africains.



