La décision d’accorder un congé de quatre jours à l’occasion de l’Aïd al-Fitr, avec l’ajout du lundi, a rapidement enflammé les discussions en ligne. Mais au-delà du principe d’un jour de repos supplémentaire, globalement bien accueilli, c’est la manière dont la mesure a été arrêtée qui concentre les critiques.
Beaucoup pointent un choix pris à contretemps. L’annonce de ce lundi chômé est intervenue avant même la confirmation officielle de la date de la fête religieuse, pourtant variable. Cette anticipation interroge sur la méthode adoptée. Lorsqu’un calendrier dépend d’une observation qui ne peut être arrêtée à l’avance, une certaine prudence s’impose. Décider en amont, sans visibilité définitive, expose à des incohérences.
Ce flottement met en lumière des dysfonctionnements plus profonds. Le manque de coordination entre les différentes instances concernées semble évident. Une administration moderne est censée s’appuyer sur des hypothèses de travail, prévoir plusieurs cas de figure et adapter ses décisions en conséquence. Ici, l’impression laissée est celle d’un pilotage à vue, loin des standards attendus.
Les répercussions ne se limitent pas au débat de principe. Sur le terrain économique, une interruption prolongée, décidée sans préparation suffisante, peut désorganiser certains secteurs. Activités ralenties, dossiers en attente, services à l’arrêt, autant de perturbations qui affectent, même temporairement, le rythme général. Les entreprises privées, soumises à des impératifs de rendement, doivent composer avec ces ajustements décidés sans réelle concertation.
Une autre approche aurait sans doute permis d’éviter ces crispations. Il aurait été possible de s’en tenir, dans un premier temps, au seul jour de l’Aïd, puis d’ajuster ensuite en fonction de la date confirmée. Une telle souplesse aurait offert davantage de cohérence, tout en préservant l’équilibre entre repos des citoyens et continuité de l’activité.
Cet épisode relance le débat sur la qualité de la décision publique. L’apparence favorable d’une mesure ne suffit pas à en garantir la pertinence. Ce qui fonde la confiance, c’est la rigueur du processus, la clarté des choix et la capacité à anticiper. Sans cela, même les décisions les plus populaires peuvent susciter incompréhension et réserves.



