La baisse de la récolte ne suffit pas à soutenir les prix des olives au Maroc. Pour la campagne 2026-2027, la production nationale affiche un recul compris entre 30 et 40 % par rapport à l’année précédente, mais les agriculteurs peinent toujours à vendre leurs fruits à des tarifs rentables. Une situation qui préoccupe l’Interprofession marocaine de l’olive (Interprolive), laquelle sollicite des mesures gouvernementales pour venir en aide aux différents acteurs du secteur.
Les difficultés de commercialisation se font sentir dans plusieurs régions productrices. Malgré des quantités disponibles moins importantes, les acheteurs restent peu présents sur le marché. Les prix proposés aux oléiculteurs sont parfois inférieurs aux dépenses nécessaires à la production et à la cueillette, ce qui place de nombreuses exploitations dans une position financière délicate.
La récolte elle-même devient plus coûteuse à organiser. Dans un communiqué diffusé après une réunion de son bureau dirigeant, Interprolive fait état d’une augmentation des rémunérations des travailleurs saisonniers et d’une pénurie de personnel durant les périodes de ramassage. Faute de bras disponibles au bon moment, certains agriculteurs risquent de voir leurs olives perdre en qualité ou de ne pas pouvoir récupérer l’intégralité de leur production.
Les difficultés ne s’arrêtent pas aux portes des exploitations. Les huileries et les conserveries disposent de stocks qu’elles ne parviennent pas à écouler au rythme habituel. Cette situation pèse sur leur trésorerie et réduit leurs capacités d’achat, privant les producteurs d’une partie de leurs débouchés traditionnels. Les charges de fonctionnement continuent, dans le même temps, de progresser, tandis que les possibilités de financement demeurent limitées.
Le marché extérieur présente lui aussi des contraintes. Selon l’interprofession, les aides destinées à encourager les exportations ne répondent pas suffisamment aux besoins des entreprises. Les obstacles rencontrés pour accéder à de nouveaux marchés compliquent davantage l’activité des opérateurs, déjà confrontés à une demande intérieure peu dynamique.
Face à ces tensions, Interprolive souhaite une révision des conditions de commercialisation afin que les rémunérations obtenues par les agriculteurs correspondent mieux à leurs dépenses réelles. Elle demande également aux autorités d’étudier des mécanismes d’allègement de la dette agricole, tout en facilitant l’acquisition de machines destinées à la récolte. La mécanisation apparaît parmi les solutions défendues par la profession pour limiter les difficultés liées au recrutement et au coût des ouvriers saisonniers.
Les industriels attendent, pour leur part, des dispositifs financiers capables de leur donner davantage de marge pour acheter les olives et conserver leurs marchandises dans de meilleures conditions. L’organisation insiste aussi sur la nécessité de respecter les engagements inscrits dans le contrat-programme de la filière, particulièrement ceux concernant la modernisation des installations, les investissements dans la transformation et le développement des ventes à l’étranger.
Une meilleure connaissance de la situation du marché figure également parmi les demandes formulées. Interprolive préconise un mécanisme de suivi associant les représentants professionnels nationaux et régionaux, chargé d’observer régulièrement les volumes récoltés, les stocks disponibles, l’évolution des cours et les besoins commerciaux.
L’interprofession souhaite désormais engager rapidement des discussions avec le département de l’Agriculture. Elle avertit que l’absence de réponses adaptées pourrait accentuer les difficultés des agriculteurs et des entreprises de transformation, au risque de fragiliser durablement leur activité et les emplois qu’elles génèrent.



