Au Maroc, près de 103.000 enfants âgés de 7 à 17 ans exercent encore une activité professionnelle. Pour renforcer leur protection et faciliter leur retour vers un parcours adapté à leur âge, un nouveau mécanisme national a été lancé vendredi 16 octobre 2026 à Rabat, sous la présidence effective de SAR la Princesse Lalla Meryem.
Baptisé Dispositif National d’Éradication du Travail des Enfants (DNETE), ce programme, porté par l’Observatoire National des Droits de l’Enfant (ONDE), a été présenté lors d’une cérémonie organisée sous le Haut Patronage de S.M le Roi Mohammed VI.
Sa particularité réside dans la continuité de l’accompagnement prévu. L’intervention ne doit pas s’arrêter au retrait de l’enfant de son lieu de travail. Elle comprend également un suivi individuel jusqu’à sa réintégration, ainsi qu’une aide destinée à sa famille pour tenir compte des difficultés économiques auxquelles celle-ci peut être confrontée.
Les chiffres du Haut-Commissariat au Plan montrent l’ampleur du travail restant à accomplir. Selon l’Enquête nationale sur l’emploi de 2025, 1,3 % des enfants marocains de 7 à 17 ans travaillent. Cette proportion atteint 2,4 % dans les campagnes, contre 0,5 % dans les villes.
La tendance de long terme traduit néanmoins une diminution importante du phénomène, dont l’ampleur a reculé de plus de 80 % depuis 1999, d’après les données rappelées par l’ONDE.
Le dispositif lancé à Rabat vise à mieux relier les différentes étapes de la prise en charge. Chaque situation fera l’objet d’un dossier individuel, depuis le repérage de l’enfant jusqu’à son accompagnement vers la réintégration. Une assistance économique à la famille est prévue dès le retrait du travail.
Cette organisation doit aussi permettre de concentrer les interventions sur les territoires et les secteurs les plus concernés. Elle associe un système de veille permanent à des actions adaptées aux besoins de chaque enfant.
La mise en œuvre sur le terrain s’appuiera notamment sur les Cellules de Lutte contre le Travail des Enfants, rattachées au ministère de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences. Présentes au niveau provincial, elles interviendront avec des associations partenaires.
Dix-sept acteurs sont associés à cette architecture institutionnelle. L’ONDE assurera la conduite du comité de pilotage, tandis que le ministère chargé de l’Emploi présidera le comité technique. Dans chaque province, le gouverneur dirigera le comité chargé du suivi territorial.
D’autres organismes publics et partenaires internationaux participeront à l’appui technique. Parmi eux figurent la Présidence du Ministère Public, l’Initiative Nationale pour le Développement Humain, les départements chargés de l’Éducation, de la Solidarité et de la Formation professionnelle, ainsi que les agences intervenant dans le soutien social et l’emploi. L’UNICEF et l’Organisation internationale du Travail sont également associés au programme.
Le DNETE ne sera pas déployé simultanément sur l’ensemble du territoire. Une phase pilote ouvrira sa mise en œuvre. Les résultats de cette expérimentation serviront ensuite à apporter les ajustements nécessaires avant une extension nationale.
Le programme prévoit également des actions pour prévenir la sortie précoce du système scolaire, informer les familles et les acteurs locaux, mobiliser les employeurs et suivre les résultats des interventions.
Cette initiative prolonge les actions conduites par l’ONDE sous l’impulsion de SAR la Princesse Lalla Meryem. En février 2026, lors de la sixième Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants tenue à Marrakech, l’Observatoire avait organisé une session thématique et deux ateliers faisant notamment participer des enfants africains.
Quelques mois plus tard, le 12 juin, une campagne nationale de sensibilisation avait été engagée sur instruction de SAR la Princesse Lalla Meryem. Diffusée à travers les médias et les réseaux sociaux, l’opération « STOP au travail des enfants » a enregistré plus de 34 millions de vues pour ses différentes vidéos.
La cérémonie de vendredi a également donné une place aux initiatives portées par les enfants eux-mêmes. Quatre projets ont été distingués par SAR la Princesse Lalla Meryem.
Sidahmed El Ayachi a reçu, au nom de son équipe, le Prix Voix de l’Avenir pour « Tamkine ». Le Prix Cœur citoyen, récompensant « Digital early warning system for child labor », a été remis à Douaa Fghrawi. Malak Zin El Abidine a reçu le Prix Acteur du changement pour « Future roots Fund Project », tandis que Kayan Sarbouti a été distingué par le Prix de la bande dessinée pour « Dessine ton avenir ».
Quatre vidéos ont par ailleurs été projetées pour retracer les actions de sensibilisation, l’engagement des enfants dans la lutte contre leur exploitation et les principales composantes du dispositif national.
À son arrivée à la cérémonie, SAR la Princesse Lalla Meryem a passé en revue une formation des Forces Auxiliaires avant d’être accueillie par plusieurs hauts responsables judiciaires, représentants des autorités territoriales, responsables ministériels et membres de l’ONDE.
Le lancement du DNETE ouvre ainsi une nouvelle phase de la mobilisation nationale contre le travail des enfants, avec une prise en charge conçue pour associer la protection immédiate, l’accompagnement familial et le suivi de chaque parcours jusqu’à la réintégration.



