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Défense : sept entreprises internationales préparent leur installation industrielle

Défense : sept entreprises internationales préparent leur installation industrielle
Défense : sept entreprises internationales préparent leur installation industrielle

Le Maroc élargit ses ambitions dans l’industrie militaire et aéronautique avec une série de partenariats annoncés lors du Marrakech Air Show 2026. Dix accords ont été signés avec des entreprises opérant dans la défense et la construction aéronautique, ouvrant la voie à de nouvelles implantations industrielles et au développement de compétences techniques sur le territoire national.

Portées par MEDZ, filiale du groupe CDG, ces opérations mobilisent MIDPARC, plateforme spécialisée dans l’aéronautique, ainsi que la Société de gestion des zones industrielles de défense (SGZID), structure constituée par MEDZ et l’Agence de logements et d’équipements militaires (ALEM).

La défense concentre sept conventions portant sur la réservation de terrains industriels. Les entreprises concernées sont ARQUUS, MARCOTEC, MKU, INKAS, ABA TECHNOLOGIE, IGG/BAL TEQ DEFENSE INDUSTRIES et HARMATTAN AI. Elles pourront développer leurs activités au sein d’espaces spécialement destinés à la production d’équipements militaires et de technologies associées.

Les domaines couverts vont de la fabrication de blindés aux solutions de protection balistique, en passant par l’électronique embarquée, les équipements tactiques et les applications de l’intelligence artificielle.

Une autre initiative concerne DRONEX, projet destiné à développer au Maroc une activité industrielle autour des drones. Une lettre d’intérêt a été établie pour accompagner sa mise en œuvre. Le programme porte sur la production, le montage et l’intégration d’aéronefs sans pilote. Aucun élément chiffré n’a encore été rendu public concernant les installations prévues ou leurs capacités de fabrication.

Le volet aéronautique repose sur trois protocoles d’accord conclus par MIDPARC avec APS COATING, MECAPOLE et TRELLEBORG. Ces engagements concernent des activités industrielles spécialisées, dont certaines nécessitent actuellement le recours à des prestations réalisées à l’étranger.

APS COATING projette d’installer une unité de traitement de pièces aéronautiques équipée de procédés humides et secs. Des moyens de contrôle non destructif y seront également intégrés afin de vérifier la conformité des composants sans les endommager.

MECAPOLE prévoit pour sa part une implantation consacrée à l’usinage de composants structurels utilisés dans la fabrication d’avions et d’hélicoptères. TRELLEBORG, entreprise suédoise spécialisée dans les solutions d’étanchéité, compte agrandir son site existant à MIDPARC. Le projet prévoit de multiplier par deux la surface de l’installation et son potentiel de production, soit une progression de 100 % dans les deux cas.

Implantée à Nouaceur, près de l’aéroport international Mohammed V, MIDPARC constitue l’un des principaux pôles de l’industrie aéronautique marocaine. La zone accueille notamment Safran, Boeing, Hexcel et Stelia Aerospace. L’arrivée de nouvelles activités de traitement et d’usinage doit compléter les prestations proposées aux industriels présents dans cet écosystème.

Pour les équipements militaires, les futures implantations bénéficieront du dispositif prévu par la loi 10-20. Ce texte réglemente la fabrication, l’assemblage, l’entretien et les activités de recherche dans les secteurs de la défense et de la sécurité. Les industriels doivent obtenir les autorisations requises auprès de l’Administration de la Défense nationale avant de pouvoir engager leurs opérations de production.

Les zones industrielles de défense sont conçues pour répondre aux besoins particuliers de ces activités. Elles associent des terrains aménagés à des infrastructures adaptées et à des dispositions réglementaires spécifiques. Selon les conditions prévues par la législation, les entreprises peuvent également accéder à certains avantages fiscaux et douaniers. Leur aménagement et leur exploitation relèvent de la SGZID.

Parmi les groupes intéressés, ARQUUS dispose d’une expertise dans les véhicules militaires, les blindés de transport et les équipements logistiques. Le constructeur français pourrait notamment intervenir dans l’assemblage et la maintenance de véhicules, ainsi que dans les opérations de réparation et de rénovation.

INKAS, fabricant d’origine canadienne également implanté aux Émirats arabes unis, produit des véhicules tactiques, des blindés de transport de troupes et des équipements de sécurité. Le groupe indien MKU intervient dans les protections balistiques individuelles, notamment les casques et les gilets, ainsi que dans les systèmes optiques de vision nocturne et thermique.

L’entreprise marocaine ABA TECHNOLOGIE possède des compétences en électronique, en systèmes connectés et en solutions industrielles susceptibles de trouver des applications militaires. HARMATTAN AI développe, de son côté, des technologies d’intelligence artificielle destinées à l’analyse des menaces et à l’assistance numérique aux décisions opérationnelles.

International Golden Group, société établie à Abou Dhabi et spécialisée dans l’intégration d’équipements de défense, est associé à BAL TEQ DEFENSE INDUSTRIES dans l’un des accords annoncés. MARCOTEC figure également parmi les partenaires retenus pour les activités industrielles et techniques.

Ces engagements doivent encore se traduire par des investissements concrets. Les conventions foncières permettent aux entreprises de préparer leur installation, tandis que les protocoles d’accord aéronautiques définissent des projets dont la réalisation reste à venir.

Les annonces ne comportent, à ce stade, aucune estimation globale des capitaux qui seront engagés, du nombre d’emplois susceptibles d’être créés ou des dates prévues pour la construction des nouvelles unités.

L’ampleur de cette nouvelle phase industrielle dépendra donc de la concrétisation des projets, des capacités de production effectivement installées et des recrutements réalisés. Dans la défense, l’accès à des commandes des Forces Armées Royales (FAR) pourrait également jouer un rôle dans le développement d’un marché national pour les futurs équipements fabriqués au Maroc.

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